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Olivier Arteau à la direction artistique du Trident

Olivier Arteau à la direction artistique du Trident
Photo courtoisie, Catherine Tétreault

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En février 2019, Olivier Arteau a habité le Grand Théâtre 24 heures sur 24, durant un mois, pour la création de l’adaptation d’Antigone. Vingt-huit mois plus tard, il devient le neuvième directeur artistique de cette institution.

Le jeune metteur en scène, auteur et chorégraphe de 29 ans succède à Anne-Marie Olivier, qui a décidé de quitter ce poste, qu’elle occupait depuis 2012, pour revenir à sa pratique de créatrice.

«C’est un vertige de succéder à Anne-Marie Olivier, qui a mis le feu à ce théâtre et qui lui a redonné un souffle contemporain sans jamais faire d’âgisme. C’est un choc réel et euphorisant», a lancé le metteur en scène, lors d’une conférence de presse au STUDIOTELUS du Grand Théâtre de Québec.

À l’hiver 2019, Olivier Arteau avait volontairement décidé de vivre jour et nuit au Grand Théâtre pour s’imprégner de la sensation d’emmurement du personnage d’Antigone, pour revisiter cette œuvre de Sophocle. On lui avait aménagé une chambre au deuxième étage, et il avait des repas pour 31 jours.

Deux ans et quelques mois plus tard, il sourit lorsqu’on lui rappelle ce moment qui a peut-être été prémonitoire.

«Sans doute. Ce mois-là m’a permis de bien connaître l’équipe et les lieux. J’ai connu humainement le théâtre», a-t-il dit en souriant.

Sans attentes

C’est un peu naïvement et sans trop d’attentes qu’il a posé sa candidature en avril dernier.

«Je faisais partie de La jasette de la relève théâtrale, un regroupement de jeunes et de moins jeunes qui se sont réunis pour écouter les préoccupations des jeunes finissants. J’ai posé ma candidature et j’ai envoyé les aspirations de la jeune relève au Trident en me disant que le message était pour se rendre et que ça pourrait peut-être initier quelque chose. Ça abordait plus l’éthique et les conditions de travail», a-t-il raconté, lors d’un entretien.

Il n’avait presque pas fait référence à sa vision artistique. En guise de réponse, on lui a demandé de créer une saison fictive.

Une quinzaine de candidatures ont été évaluées par un comité de sélection constitué de membres du conseil d’administration du Trident et d'intervenants du milieu culturel.

Confrontations

Olivier Arteau signera sa première programmation lors de la saison 2023-2024. Il dit être attiré par la rencontre et la confrontation d’univers, d’individus et de disciplines artistiques.

«L’interdisciplinarité est un des créneaux qui m’intéressent beaucoup, faire des pairages entre des artistes [auxquels] on ne s’attendrait pas, comme jumeler un musicien avec un cinéaste et voir comment ils peuvent tricoter une œuvre différente. Comment la danse peut déconstruire le rapport à la narrativité? Comment l’art visuel vient bousculer les codes esthétiques?» a-t-il fait savoir.

À titre de directeur artistique et codirecteur général, Olivier Arteau désire que Le Trident devienne un lieu de guérison, d’étonnement et de chocs, qu’il provoque des bouleversements et des rapprochements guidés par l’irrévérence et la bienveillance.

«Je ne pensais pas réaliser ça aussi tôt. J’ai eu la chance que les choses soient arrivées très vite dès ma sortie du Conservatoire en 2016. J’étais comme à un moment où j’avais envie de me tourner vers les autres et redonner les chances qu’on m’avait données. J’ai tellement été privilégié dans mon parcours que j’ai envie que d’autres personnes reçoivent ce même privilège», a-t-il laissé tomber, faisant référence à l’opportunité qu’Anne-Marie Olivier lui avait offerte pour la mise en scène d’Antigone.

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