/lifestyle/books
Navigation

Émouvant hommage à sa famille

Julien Sandrel
Photo courtoisie, Bruno Levy

Coup d'oeil sur cet article

Il n’est jamais trop tard pour dire merci. Voilà le message que transmet l’écrivain à succès Julien Sandrel dans son nouveau roman, Merci, Grazie, Thank you. Un roman phénoménal, émouvant, où l’auteur rend hommage à ses ancêtres italiens à travers l’histoire de Gina. Cette vieille dame qui, après avoir gagné le jackpot dans les machines à sous, décide de partager sa cagnotte avec les gens qui ont compté pour elle, et qu’elle n’a jamais pu remercier.

Vieille dame charmante d’origine italienne, Gina mène une existence modeste à Paris. Elle a un péché mignon que tout le monde ignore : chaque mois, elle va jouer aux machines à sous. Et voilà qu’un jour, elle gagne le jackpot.

Sans en parler à personne, Gina décide de partager cet argent avec chacune des personnes qui ont joué un rôle dans sa vie et qu’elle n’a jamais pu remercier. Elle s’envole sur les traces de son passé. Sa petite-fille Chloé découvre la « fugue » de sa grand-mère et se lance à ses trousses, en compagnie d’Olga, la meilleure amie de Gina.  

Son grand-père

« C’est vraiment un roman qui est né de ma famille, commente Julien Sandrel, en entrevue. Je suis d’origine italienne – mon grand-père était originaire de Naples. Toute mon enfance, mon adolescence et à l’âge adulte – en fait jusqu’à son décès il y a trois ans –, mon grand-père m’a raconté sa vie et la vie de mes arrière-grands-parents. »

« Quand il me racontait ça – j’étais un petit garçon dans les années 1980 –, ça me semblait à la fois extrêmement lointain et puis totalement fou. Il me racontait avoir subi le racisme, l’extrême pauvreté. Il était le dernier d’une famille de 10 enfants. Il était très pauvre. Pendant la guerre, il me racontait qu’il mangeait des rats. Je me demandais en fait si c’était vrai. Je n’y croyais même pas. »

Au fil du temps, l’écrivain s’est rendu compte que tout était vrai. Et que ce n’était pas si lointain qu’il le pensait. « C’était il y a 40, 50 ans, par rapport aux années 1980. Et ça, on a tendance à l’oublier parce que c’est vrai que les Italiens, en France, font maintenant totalement partie de la population et du paysage. Il y a 5 millions de descendants d’Italiens en France – presque 10 % de la population. » 

Cette histoire de sa famille arrivée en France l’a beaucoup travaillé, et deux éléments ont servi de moteur au roman : la visite d’Ellis Island à New York et l’exposition Ciao Italia, présentée au Musée de l’immigration en France. 

« En 2007, je suis venu à New York pour visiter en tant que touriste. Je suis allé visiter Ellis Island en tant que descendant d’Italiens ayant immigré aux États-Unis. Mes arrière-grands-parents sont arrivés en 1912 à Ellis Island. Je suis allé au Musée de l’immigration sur Ellis Island pour essayer de retrouver leurs noms dans les registres. Et je les ai retrouvés, avec le nom du bateau, avec leur adresse à Brooklyn. C’était extrêmement émouvant. »

Cependant, ses arrière-grands-parents ont fait partie de cette vague d’immigrants qui ne se sont pas du tout adaptés. « Ils sont restés un an, ensuite ils sont revenus en Europe et se sont installés en France. »

Histoire contemporaine

Julien Sandrel a mis quatre ans pour trouver l’angle parfait. 

« Je voulais que ce soit un roman contemporain et que l’action se passe aujourd’hui. Il a fallu un peu de temps et de maturation pour avoir l’idée de ce gain d’argent et de partage qui, finalement, est un prétexte pour naviguer au sein de différents épisodes liés à l’immigration italienne. » 

  • Julien Sandrel est né en 1980 dans le sud de la France et vit à Paris. 
  • De formation scientifique, après 15 ans en entreprise, il a décidé de changer de carrière et de se consacrer à l’écriture. 
  • Son premier roman La chambre des merveilles a connu un succès phénoménal et a obtenu plusieurs prix littéraires. 
  • En 2022 sortiront une adaptation au cinéma, une pièce de théâtre et une bande dessinée.  

EXTRAIT 

Julien Sandrel
Photo courtoisie

« On dit que l’argent ne fait pas le bonheur, et je le pense profondément. Mais je suis également convaincue qu’il peut y contribuer. Et si cet argent servait à cela ? À rendre la vie plus douce. À remercier toutes ces personnes qui, de près ou de loin, en une journée ou pendant des années, ont fait quelque chose qui a changé ma vie. Ces personnes auxquelles j’ai toujours voulu exprimer ma gratitude, sans en avoir eu l’occasion ni la possibilité. Je crois qu’il n’y a pas pire regret, à la fin d’une vie, que de n’avoir pas su, pas pu dire merci. »

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.