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Arsenault & fils: retrouver ses racines

Arsenault & Fils
Photo courtoisie Luc Picard et Guillaume Cyr dans une scène de Arsenault & fils.

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Même si plus de sept ans se sont écoulés entre la sortie de son sixième film, Gurov et Anna, et celle de son septième, Arsenault & fils, Rafaël Ouellet n’a pas chômé ces dernières années, réalisant plus de 80 heures de télé à la barre de séries à succès comme Ruptures et Fatale-Station. Pour son retour au cinéma, le cinéaste a renoué avec ses racines pour signer un thriller rural campé dans sa région d’origine, le Témiscouata.

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Arsenault & fils, c’est l’histoire d’une famille de braconniers qui impose sa loi depuis plusieurs générations dans son petit village du Bas-du-Fleuve. Adam (Guillaume Cyr), un des fils du clan Arsenault, aimerait pouvoir gagner sa vie de façon honnête en travaillant dans le garage qui sert de façade aux activités illégales de sa famille. À l’opposé, son frère cadet Anthony (Pierre-Paul Alain), fraye avec une bande de petits malfaiteurs qui l’enfoncent un peu plus dans le monde criminel. 

L’arrivée d’Émilie (Karine Vanasse), une animatrice de radio venue de la ville, viendra bouleverser l’équilibre du clan Arsenault.

Rafaël Ouellet a commencé à jeter les bases de cette histoire il y a une douzaine d’années avant même la sortie de son film le plus connu, Camion (2012). D’abord imaginé comme un drame familial (à l’image de Camion), le scénario d’Arsenault & fils a lentement évolué pour se transformer en film noir.

«Quand j’ai commencé à écrire le scénario, je me suis rendu compte que ça bardait et qu’il y avait pas mal d’action [dans l’histoire], relate Rafaël Ouellet en entrevue. J’aimais ça, mais de temps en temps, je me mettais sur le neutre pour embarquer plus dans l’observation des mœurs. À un moment donné, j’ai décidé d’arrêter de me battre contre ça et d’aller à fond dans le “country noir” et le thriller. J’aime plusieurs de ces films-là, j’en achète, je les garde près de moi pendant longtemps et je les revois souvent. C’est quelque chose que je connais et que j’avais envie d’explorer. C’est dans mon identité.»

Les références sont évidemment nombreuses quand on parle de films de gangsters. Pour cette première incursion dans l’univers des polars, Rafaël Ouellet s’est inspiré de plusieurs classiques du genre qui ont forgé sa culture cinématographique.

«Je voulais me nourrir des films qui coulent dans mes veines, confie-t-il. Oui, il y a du Parrain et du Goodfellas là-dedans. Mais le film qui m’a plus inspiré, c’est At Close Range (Comme un chien enragé), avec Sean Penn. C’est une œuvre qui m’habite depuis longtemps. Il fallait qu’un jour, je puisse en mettre des gouttes quelque part dans un de mes films. C’est dans celui-là que je l’ai fait.»

Le cinéaste Rafaël Ouellet a lancé cette semaine son septième long métrage, Arsenault & fils.
Photo courtoisie
Le cinéaste Rafaël Ouellet a lancé cette semaine son septième long métrage, Arsenault & fils.

Tourner en région

Venant d’une famille de chasseurs sans en être un lui-même, Rafaël Ouellet insiste sur le fait qu’Arsenault & fils n’est pas un film sur la chasse. Même si l’on y suit une famille de braconniers, le film montre, au bout du compte, très peu de scènes de chasse.

«Ça ne m’intéressait pas de dépecer des animaux ou de montrer comment on les attrape, explique le cinéaste. Ce qui m’intéressait, c’était plutôt de montrer comment fonctionnent ces orga-nisations criminelles et cette famille en particulier. Ça reste quand même un drame familial.»

Comme la plupart de ses films, Arsenault & fils a été tourné en grande partie dans sa région d’origine, le Témiscouata, située dans le Bas-Saint-Laurent à la frontière du Nouveau-Brunswick. Déplacer toute une équipe de tournage pendant plusieurs semaines loin de Montréal n’est jamais chose simple. Mais Rafaël Ouellet tenait à le faire pour que son film puisse se nourrir des décors et de l’énergie de sa région.

«C’est une question de racines, résume Rafaël Ouellet. On a cherché les lieux de tournage dans la région de Montréal, mais chaque fois, je disais : non, c’est pas comme chez nous. À un moment donné, ma productrice m’a dit : écoute, on va faire l’exercice financier parce que là, t’es tannant. C’est sûr que ça coûte plus cher de s’éloigner [de Montréal]. Mais on aime ça, comme créateur, parce que ça permet aux acteurs de se nourrir des gens et des accents de la région. Ça te permet aussi d’avoir toute leur attention pendant quelques semaines. Quand on est loin de Montréal, il n’y a pas de garderie ni de rénos à la maison, tu les as pour toi. Et c’est toujours le fun d’avoir l’impression que les gens sont à 100 % dans ton projet.» 


Arsenault & fils est à l’affiche depuis hier.

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