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Un automne rouge et noir: chercher un monde meilleur

Un automne rouge et noir
Photo courtoisie

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Le Québec des années 1930 fut très agité politiquement. Le jeune Stan, tiraillé entre fascisme et communisme, en est l’illustration.

À Montréal, l’automne 1936 ressemble au mauvais film qui se joue dans bien des parties du monde : on est en plein cœur de la Crise, celle avec un grand C qui ne se terminera qu’avec l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale.

Stanislas Bélanger, surnommé Stan, ne s’en tire pas mieux que les autres. Il est chômeur et tient par ailleurs un rôle inattendu, celui de « chef de famille ». Son père est décédé quelques mois plus tôt et il lui incombe, comme le veut l’époque, de prendre soin de sa mère et de sa sœur.

Tout un contrat quand on a seulement 18 ans et des envies de folie, comme de s’acheter un splendide chapeau après quatre mois de travail estival à Sainte-Agathe, et une radio pour sa mère, qui en est friande. 

« Mettre de l’argent de côté pour faire face aux mauvais jours aurait été absurde : tous les jours sont mauvais. »

Des voix se font néanmoins entendre, qui promettent un monde meilleur. Les fascistes ont même des résultats concrets à offrir puisqu’en Allemagne comme en Italie, le travail a repris. Les journaux en parlent et le voisin de Stan, son ami Roméo, est déjà conquis. C’est d’ailleurs par son intermédiaire que Stan se retrouve dans une assemblée politique qui met en vedette Adrien Arcand dans un décor de croix gammées. 

Or Stan a aussi croisé la route d’une attirante jeune femme, Alice. Elle travaille dans une librairie marxiste dirigée par la célèbre, et réelle !, militante Léa Roback.

Cette gauche est vouée aux gémonies par l’Église, mais cela n’effraie pas Stan. Le duo qui l’a engagé pour l’été dans les Laurentides, des immigrants britanniques, s’affichait anarchiste. Contester la religion et le grand capital a fait partie de son éducation politique des derniers mois.

Le voilà toutefois écartelé entre les convictions bien divergentes de gens proches de lui. Le titre du roman, Un automne rouge et noir, témoigne de son dilemme : qui suivre, qui écouter ? Mais Stan est moins dans l’analyse que dans les sentiments, et Alice lui plaît beaucoup.

Solide reconstitution

Marc Ménard s’était déjà penché sur l’extrémisme politique dans son roman précédent, Brasiers, à partir d’attentats survenus à Paris dans les années 1980. Là aussi, son héros était un naïf jeune homme, dont on saisissait mal les motivations.

À nouveau, on s’interroge. Sa jeunesse peut-elle expliquer que Stan soit si influençable ? C’est même avec beaucoup de légèreté qu’il tombe dans la criminalité pour gagner quelques dollars. Le réveil sera brutal.

En même temps, Ménard mène son roman avec les mêmes forces que dans Brasiers : une écriture fluide, une intéressante – et trop rare – intégration des convictions politiques à la fiction, et une reconstitution historique solide. 

D’autant plus passionnant qu’on y retrouve des gens qui ont marqué le Québec, même un certain Vic Cotroni...

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