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Nouveau roman de Jean Lemieux: grande quête jusqu’en 1968

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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Délaissant pour un moment les enquêtes d’André Surprenant, Jean Lemieux propose cette année La Dame de la rue des Messieurs, un roman lumineux et vif, où un homme et une femme à l’automne de leur vie se lancent dans une grande quête. Entre le Québec, l’Autriche et la République tchèque, une Montréalaise et un vieux professeur de piano grincheux remontent le fil du temps jusqu’à l’année 1968, où leur destin respectif a basculé.

Michèle, une jolie veuve dans la soixantaine, décide sur un coup de tête de quitter sa maison de Québec pour partir à Vienne. Elle y fait la connaissance de Tomas, professeur de piano, et devient son élève. Leur relation amicale, qui se bâtit au son de la musique de Beethoven, suscite des prises de conscience, mais réveille aussi d’anciennes blessures.

Jean Lemieux entremêle les époques, remonte dans le temps, examine la vie et les questionnements de ces personnages qui n’ont pas nécessairement un passé glorieux ni de grandes ambitions. 

Jean Lemieux, en entrevue, explique que l’histoire de Michèle, pianiste virtuose qui s’installe à Vienne, est née d’un récit autobiographique qui a été complètement transformé, et où des personnages fictifs se sont intégrés. 

«Il y a des choses un peu empruntées à ma vie familiale : la rue Marquette, la rue Fabre où mes parents sont nés. Cet univers-là. Personne n’était virtuose du piano chez nous, mais il y avait quand même du piano. Je suis un maniaque de musique et j’écris des choses qui tournent souvent autour de la musique.»

Vienne, ville splendide

Vienne s’est imposée parce qu’il y est allé souvent – sa fille est professeure de littérature là-bas. «Je connais la ville. Je suis un peu comme chez moi, là-bas. Puis est arrivé le personnage du professeur de piano, qui a sa propre histoire à lui.»

«Pendant l’été 2020, je me suis remis là-dedans et j’ai réussi à faire un tout autour du thème de l’enfant. Pour Tomas, c’est l’enfant qu’il n’a pas assumé. La vie de Michèle a basculé quand elle est devenue mère. Elle a mis de côté ses ambitions personnelles.» Michèle a d’ailleurs saboté sa carrière lors d’un concert mémorable se terminant par les notes cultes de la Vache à Mailhot.

Une trame musicale intégrée

L’écrivain mélomane fait aussi référence à la vie de Beethoven, à travers cette histoire. 

«Je suis un peu sorti de ma zone de confort. J’ai écrit des polars et des romans assez linéaires. J’ai intercalé des bouts sur Beethoven. J’ai relu des briques là-dessus. J’ai eu beaucoup de plaisir à créer une nouvelle forme avec ce roman. La vie des personnages centraux est mise en relief autour de Beethoven.»

Après avoir travaillé et retravaillé le manuscrit, Jean Lemieux est content du résultat et heureux d’y avoir intégré une trame musicale. 

«C’est un livre que j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire. Je trouve que c’est un peu éclaté. C’est un objet littéraire que j’aime. J’écoute de la musique pendant cinq ou six heures par jour. Je suis un musicien très ordinaire, mais la musique, ça me nourrit complètement. Quand j’étais jeune, j’ai appris le piano en autodidacte. J’en joue encore, mais je n’ai pas de technique. Pour moi, il n’y a pas plus grand artiste qu’un musicien.»

Pour la petite histoire, la couverture du livre évoque la ville de Vienne et s’inspire d’un style architectural propre à Vienne, l’Art nouveau de Vienne, le Jugendstil. «Elle est remarquable, très originale et très belle. Les gens m’en parlent beaucoup.» 

  • Jean Lemieux est médecin et écrivain. 
  • Il est passionné de musique et de voyages. 
  • Ses romans ont reçu de nombreux prix et On finit toujours par payer a été porté à l’écran. 
  • Sa fille est professeure de littérature à Vienne.  

EXTRAIT 

Quebec
Photo courtoisie

«Qu’est-ce que l’amour? Pourquoi certains êtres humains mettent-ils autant d’énergie à rechercher l’âme sœur, le complice idéal qui leur fournira, gratuitement croient-ils, un laissez-passer pour le bonheur? Pourquoi d’autres femmes, d’autres hommes, trouvent-ils un équilibre dans des relations pragmatiques fondées sur le principe que le romantisme est un résidu du Moyen Âge qu’il convient d’actualiser par une sorte d’esprit d’entreprise? Pourquoi d’autres, enfin, choisissent-ils de vivre seuls, libérés du licou du couple?»

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