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Nouveau roman d'Agnès Martin-Lugand: l’amour, plus fort que tout

Agnès Martin-Lugand
Photo courtoisie, Éric Gaurault-Pascoandco

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Signant cette année son dixième roman en dix ans, la talentueuse Agnès Martin-Lugand s’est laissé emporter par les grandes émotions qui accompagnent des moments forts de la vie – l’amour, la mort, les grandes passions, les pertes dont il est difficile de se remettre – pour écrire La Déraison. Ce roman puissant, qui ne laisse pas indifférent, s’est imposé à elle, comme si le moment était venu de raconter l’histoire de Madeleine et Joshua.

Une femme qui est aux portes de la mort. Un homme qui n’a plus le goût de vivre. L’histoire commence raide. Pourtant, ils sont là, tous les deux, pour confier leur histoire, leurs maux, leurs peines, leurs démons et surtout l’amour fou. Un amour qui réunit, qui inspire, qui sauve autant qu’il a pu démolir et séparer.

Agnès Martin-Lugand, en entrevue, parle avec émotion de ce roman qui est allée la chercher, profondément. 

«Quand j’ai commencé à penser au roman, la mort a tout de suite rôdé. Il y a eu une forme d’évidence. Pour mon dixième roman, je parle de la mort, d’un personnage qui allait mourir. J’ai parlé de la mort dans tous mes romans, mais je ne m’étais jamais trouvée dans cette situation, de mourir avec mon personnage. Quand j’ai su que Madeleine était condamnée à mourir, ça a été comme si on allait mourir toutes les deux. Je l’ai vécu comme ça. Mais en même temps, avec cette quête de paix et de vérité, au moment où elle ferme les yeux.»

Agnès Martin-Lugand est d’avis qu’il ne faut pas avoir peur de parler de la mort. «La mort fait partie de la vie. Il ne faut pas avoir peur d’en parler. Il faut être capable d’affronter ses angoisses. Essayer, en tout cas.»

Et ensuite, très vite, elle s’est dit qu’il fallait mettre de la beauté dans la mort. 

«Je voulais mettre du beau dans la vie de Madeleine et Joshua, même à ce moment-là. Il n’y a pas de détails sur sa maladie : il fallait montrer les beaux moments qu’elle vit, pendant les derniers moments de sa vie, avec sa fille et avec son amoureux de toujours.»

Une sérénité 

L’intensité des émotions de fin de vie qu’elle décrit est forte. 

«Étonnamment, j’ai été très sereine pendant toute l’écriture. On souffre toujours quand on écrit, mais j’ai été complètement emportée par Madeleine et par Joshua. J’étais sereine, en paix. Je n’ai pas eu de crises d’angoisse pendant l’écriture, parce que je devais écrire ce roman. Il m’a permis de coucher sur papier mes propres angoisses et mes propres obsessions par rapport à la mort.»

Elle dit que La Déraison est son roman le plus personnel et celui qui lui ressemble le plus. 

«Grâce à Madeleine, j’ai pu écrire mes angoisses sur ce qui se passe quand on meurt, comment on vit les choses, comment on dit au revoir à ses proches. La mort, j’y pense beaucoup, et je crois qu’elle m’angoisse beaucoup moins depuis que j’ai écrit ce roman.»

«D’avoir été capable, c’est l’aboutissement du travail que je mets depuis toutes ces dernières années dans mon écriture. Toujours, j’essaie de me lancer de nouveaux défis, d’aller toujours plus loin dans la psychologie de mes personnages et me concentrer là-dessus.»

Elle poursuit. «Je pense que c’est aussi une forme de maturité et que tous mes précédents romans m’ont permis de m’ouvrir de cette manière-là dans ce roman. De laisser parler mon inconscient. De ne jamais me censurer dans mon écriture et d’aborder, d’un côté, la mort, et de l’autre côté, la folie d’amour.»   

  • Agnès Martin-Lugand habite à Saint-Malo.  
  • Elle a publié plusieurs best-sellers qui se sont vendus à plus de quatre millions d’exemplaires.  
  • On lui doit Les gens heureux lisent et boivent du café, Entre mes mains le bonheur se faufile, La vie est facile, ne t’inquiète pas, J’ai toujours cette musique dans la tête, etc.  
  • Elle a obtenu le prix Les petits mots des libraires en 2021 pour La Datcha.      

EXTRAIT  

Agnès Martin-Lugand
Photo courtoisie

«Malgré les larmes, les cris, les drames qui finirent par nous séparer, ce furent les plus belles années de ma vie, consacrées passionnément à l’amour et à la musique. Joshua, grâce à son nom, était déjà dans le sérail, il fit en sorte qu’on m’entende jouer, sans dévoiler notre lien, avant que j’obtienne une reconnaissance. Il savait que je refuserais les passe-droits que sa filiation pourrait me procurer. Il me respectait pour ce choix. Grâce à lui, j’étais devenue fière, et j’avais enfin accordé une place à mon ego. Je réussis à passer l’épreuve du feu. Je fus très vite reconnue pour mon talent, et non pour le couple que je formais avec lui. J’existais par moi-même.»

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