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Les réformes, ça ne marche jamais!

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Le gouvernement et son ministre de la Santé, Christian Dubé, proposent de réformer, à nouveau, notre système de santé.

Beaucoup d’autres ministres dans différents gouvernements se sont pourtant efforcés de réformer le système de santé québécois par le passé.

Plutôt que d’avoir concouru à son amélioration générale, ils ont plutôt laissé la désagréable impression d’avoir contribué à sa détérioration.

Les bouleversements provoqués par la réforme Barrette passent encore très mal dans le réseau malgré les bonnes intentions qui semblaient animer le médecin devenu politicien.

L’approche Toyota, préconisée par le ministre Yves Bolduc, n’a guère produit plus de résultats avant lui.

La liste pourrait s’allonger de plusieurs autres noms de ministres et nous ferions sensiblement les mêmes constats.

Il faut se rendre à l’évidence, les réformes successives n’ont pas entraîné de progrès significatif dans le réseau de la santé. On peut d’ailleurs faire un parallèle avec le réseau de l’éducation.

Raisonnable de douter

Certaines orientations mises de l’avant par le ministre découlent du rapport de la sous-ministre Dominique Savoie.

Selon ce mandarin de l’État, il faudrait décentraliser le réseau de la santé en favorisant une gestion de proximité, moderniser les systèmes d’information et faciliter l’accès aux données, un thème cher au ministre Dubé.

Ce dernier veut ajouter des centaines de cadres intermédiaires dans les centres hospitaliers. Alors qu’on aurait beaucoup plus besoin de personnels soignants, le gouvernement ajouterait une autre couche de bureaucratie.

Il s’était d’ailleurs commis dernièrement avec l’ajout d’agents administratifs pour supposément soulager le personnel infirmier de certaines tâches cléricales. On cherche encore l’impact positif de cette mesure.

Quant à la modernisation des réseaux informatiques, les tribulations des deux dernières décennies ne permettent pas de croire que les hauts fonctionnaires généreront plus d’efficacité à ce chapitre.

Québec veut aussi mettre en place une instance formelle de coordination et de supervision pour optimiser l’accès aux soins. Décentralisé en concentrant le pouvoir entre les mains du ministre, c’est la garantie de transformer en valets locaux les futurs cadres intermédiaires.

L’abolition des commissions scolaires permet de prévoir cette suite en santé. Le gouvernement prétendait rapprocher le centre de décision du lieu de l’action. Au contraire, le ministre de l’Éducation semble devenu le directeur de toutes les écoles !

Pour plusieurs, le réseau de l’éducation se porte encore plus mal sous la gouvernance caquiste.

Venues d’en haut

Les réformes, issues des ministres et des hauts fonctionnaires, se sont avérées des déceptions dans les dernières décennies.

Le concept de réforme porte en soi les germes d’un échec. Il laisse croire que tes pratiques actuelles sont toutes déficientes et que le chamboulement du système devient une nécessité.

Le ministre devrait préférablement s’inscrire dans un processus d’amélioration continue et modérer les ardeurs de contrôle de son ministère.

Initier les améliorations à partir de l’expertise des gens du terrain, au lieu de ceux dans les tours d’ivoire, s’avérerait innovateur et une source d’espoir de progrès réel !

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