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Défense: 4,9 G$ pour des radars contre les bombes russes

Ottawa annonce 4,9 G$ pour voir les missiles arriver, mais rien pour les détruire avant qu’ils ne frappent

Anita Anand, ministre de la Défense
Photo d'archives, AFP Anita Anand, ministre de la Défense

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OTTAWA | Le gouvernement Trudeau promet 4,9 milliards $ pour de nouveaux radars capables de détecter les missiles modernes russes, mais boude un bouclier antimissile qui nous protégerait de ces bombes en les détruisant avant qu’elles n’atteignent leur cible.

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«La dissuasion intégrée, ça veut dire être capable de se battre pour se défendre des menaces, mais il n’y avait pas grand-chose pour ça dans cette annonce», déplore Robert Huebert, professeur à l’Université de Calgary et directeur associé du Centre pour les études militaires et stratégiques.

La ministre de la Défense Anita Anand a annoncé lundi un investissement de 4,9 milliards $ sur six ans pour moderniser le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), géré conjointement avec les États-Unis. 

Urgence

Dans un contexte de tensions géopolitiques élevées, cet investissement devrait permettre de détecter des missiles dès leur lancement depuis le sol, la mer ou sous l’eau à l’extérieur de nos frontières, a expliqué le lieutenant-général Alain Pelletier, directeur adjoint de NORAD. 

Pour M. Huebert, «c’est un bon début, absolument nécessaire», mais c’est trop peu et trop lentement face à l’urgence.

Il souligne que la Russie s’est lancée en guerre en 2014 en envahissant la Crimée, et s’est réarmée massivement entre 2002 et 2010, tout ça sans qu’Ottawa prenne la mesure du danger.

«Si quelque chose tourne mal en Ukraine et pousse Vladimir Poutine à mettre à exécution sa menace de guerre nucléaire, nous aurons raté le bateau», prévient-il.

D’ici la livraison des nouveaux radars, «les systèmes actuels ne sont pas en mesure de détecter les missiles hypersoniques qui ont été utilisés en Ukraine par les Russes», a confirmé le major général Paul Prévost, de l’état-major interarmées stratégique, devant le Sénat lundi.

«On est très au courant de la menace qui évolue», a assuré le lieutenant-général Pelletier. Si tel est le cas, le Canada devrait adhérer au plus vite au programme de défense antimissile américain qui permet de détruire en vol les missiles balistiques intercontinentaux, estime M. Huebert. 

Bouclier

Washington réclame depuis des années que ce bouclier soit intégré à NORAD.

Mais la ministre Anand s’est ralliée à la position historique des libéraux, qui craignent depuis Paul Martin que cette technologie accroisse les tensions internationales et mène à une militarisation de l’espace. 

NORAD en Amérique du Nord  

UN SYSTÈME À MODERNISER

Anita Anand, ministre de la Défense
Infographie Le Journal

Ottawa veut entre autres moderniser le Système d’alerte du Nord (SAN), une chaîne de 50 radars de courte et longue portée qui se trouvent dans l’Arctique, et dont 47 se trouvent en sol canadien.

Cette série de radars construite à la fin de la guerre froide est conçue pour détecter des avions et des missiles volant à basse altitude. Ces instruments ne peuvent rien, aujourd’hui, contre les missiles de croisière avancés et les armes hypersoniques.
 

— Avec Raphaël Pirro et Guillaume St-Pierre

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