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Crise des passeports: encore une journée de pur chaos

Après Montréal et Laval, la crise des passeports s’étend à l’ensemble de la province

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La crise des passeports s’étend maintenant aux quatre coins de la province et s’enlise alors qu’encore des centaines de campeurs ont décidé d’aller passer la nuit devant un bureau fédéral mardi.

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«C’est un miracle. Je suis soulagée et excitée d’avoir enfin ce simple bout de papier. Il y a carrément des gens à l’intérieur qui pleuraient quand ils l’ont reçu», raconte Elli Peruch en brandissant fièrement son passeport. 

Elli Peruch a eu son passeport mardi... deux heures et demie avant son vol.
Photo Erika Aubin
Elli Peruch a eu son passeport mardi... deux heures et demie avant son vol.

Après deux nuits dehors et plus de 38 heures d’attente devant le bureau de Service Canada, dans le complexe Guy-Favreau, à Montréal, elle a finalement obtenu le précieux document vers 17 h. 

Mais elle s’engageait déjà dans une nouvelle course contre la montre, cette fois pour se rendre à l’aéroport. Son vol vers l’Italie, où elle va pour visiter sa famille et des amis, partait à 19 h 30 tapant mardi.

D’autres n’ont pas eu cette chance: «Je suis ici depuis [lundi] 19 h. Je suis fatiguée, on ne dort pas vraiment et on sait que ça va être la même chose encore cette nuit», a confié Élise Gaudette, découragée.

La mère doit s’envoler mercredi en Europe avec sa petite famille, «un voyage de rêve» après deux ans de pandémie.   

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Un tohu-bohu

Plusieurs campeurs ont décrit une scène de chaos qui est survenue au petit matin, mardi, lorsque les agents de sécurité du complexe Guy-Favreau ont ouvert les portes. 

La vue en plongée du chaos au complexe Guy-Favreau, mardi matin à Mont­réal.
Photo courtoisie
La vue en plongée du chaos au complexe Guy-Favreau, mardi matin à Mont­réal.

«Il y a comme 300 personnes qui sont entrées dans l’immeuble sans savoir où aller, sans aucune indication pendant 3 h» jusqu’à l’ouverture des bureaux de Service Canada, a expliqué Mme Gaudette.

«Au début, les gens suivaient un certain ordre. Puis, les gardes de sécurité ont annoncé que pour les passeports, il fallait aller en bas. Donc tout le monde s’est lancé en ne suivant plus la file. Tout le monde était fatigué et pas vraiment content», a poursuivi Maxime Renaud-Blondeau.

Manque d’organisation

Pour sa part, Matthieu Messier est rentré chez lui bredouille, lundi, après une nuit passée dehors, car le bureau acceptait seulement les demandes de ceux qui partaient à l’étranger dans les 24 prochaines heures. 

«Sur le site, ça disait “pour les départs dans 24 à 48 h”. Sur place, personne ne m’a donné l’information, donc j’ai perdu une nuit à attendre pour rien», a-t-il raconté. 

Mardi vers 16 h, il a finalement obtenu le passeport de son adolescente pour leur voyage en France. «Je m’en vais m’acheter un 6/49», a-t-il dit en partant avec sa chaise de camping sur l’épaule.

«La majorité des gens qui sont ici, ce n’est pas pour se poser les pieds dans l’eau, c’est pour aller voir des êtres chers», a tenu à souligner Sabrina A.

Après deux ans de pandémie, l’infirmière originaire de l’Algérie n’a qu’un seul souhait : serrer sa mère et sa sœur dans ses bras et se reposer auprès d’elles avant la prochaine vague de COVID.

Plusieurs personnes du grand Mont­réal se sont rendues à Chicoutimi, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans l’espoir de se procurer leur passeport.
Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Plusieurs personnes du grand Mont­réal se sont rendues à Chicoutimi, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans l’espoir de se procurer leur passeport.

Des résidents du grand Montréal ont même eu l’idée de conduire jusqu’au Saguenay, en espérant avoir plus de chance dans cette région. Ils étaient donc des centaines, certains venus d’aussi loin que Laval, agglutinés devant le bureau de Chicoutimi, mardi.

La ministre responsable du dossier, Karina Gould, a assuré mardi soir lors d’une série d’entrevues que des billets numérotés seraient désormais distribués aux citoyens faisant la file. Le système doit être implanté dans tous les bureaux de passeports au cours de la semaine. Entre mars et mai seulement, plus de 350 000 passeports ont accusé un retard de traitement.

-Avec TVA Nouvelles

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