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Encore des dizaines de projets de recherche financés par Huawei

Plusieurs universités québécoises collaborent toujours avec le géant chinois

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AFP

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Alors qu’Ottawa vient de bannir le géant chinois Huawei du réseau 5G pour des raisons de sécurité, des universités québécoises poursuivent leurs recherches à coup de millions avec la firme controversée.

• À lire aussi: La Chine condamne l'interdiction «sans fondement» de la 5G de Huawei au Canada

À l’Université Laval, plus de 13 millions de dollars de projets sont en cours avec Huawei, selon des données récentes obtenues par Le Journal.

«Pour l’instant, l’annonce faite concerne l’utilisation commerciale des équipements Huawei et nous ne connaissons pas encore les implications de cette décision gouvernementale pour la recherche», a expliqué le porte-parole de l’Université Laval, Jean-François Huppé.

Du côté de l’Université McGill, on dit avoir « un nombre très limité de partenariats de recherche avec Huawei Canada » sans chiffrer le financement.

«À ce jour, aucune décision n’a été prise concernant les initiatives de recherche en cours. Cela dit, les universités canadiennes, le gouvernement fédéral et le secteur privé ont la responsabilité partagée de veiller à ce que notre entreprise scientifique et notre propriété intellectuelle soient à l’abri des menaces étrangères», concède Frédérique Mazerolle, aux relations médias.

À l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), qui a quatre projets avec la firme chinoise, on fait aussi valoir qu’«aucune décision n’a été prise concernant les projets en cours avec Huawei mais [que] l’INRS surveille de près l’évolution de la situation».

Pluie de millions $

Au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), qui a versé au moins 32 millions $ aux universités canadiennes pour des projets avec Huawei, dont 12 millions $ au Québec, ces dix dernières années, on rappelle les «lignes directrices» de juillet dernier.

«Les lignes directrices ne visent aucun pays ou compagnie puisque les risques en matière de sécurité de la recherche évoluent constamment et peuvent provenir de n’importe où à travers le monde», assure Martin Leroux aux communications.

«Sans aucune preuve»

En mai dernier, le Consulat général de la République populaire de Chine à Montréal s’était montré irrité de voir Ottawa bannir Huawei de la sorte.

«Sans aucune preuve, la partie canadienne a décidé d’exclure Huawei et ZTE du marché canadien sous prétexte de sécurité nationale, ce qui amplifie grandement le concept de sécurité nationale, va à l’encontre des principes du marché et de libre-échange et viole les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises», avait-on déclaré par écrit au Journal.

D’après Pékin, «le prétendu terme de sécurité sert en fait aux intentions politiques» dans le dossier du 5G.

«Il est à souligner que ce genre d’actions risquerait de porter atteinte à la réputation internationale du Canada et à ses propres intérêts», avait-on conclu.

Huawei n’a pas répondu à nos questions.


En mai dernier, Ottawa s’est dit «très préoccupé par les fournisseurs comme Huawei et ZTE qui pourraient être contraints à se conformer à des directives extrajudiciaires d’un gouvernement étranger qui iraient à l’encontre des lois canadiennes ou seraient préjudiciables aux intérêts du Canada».

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