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Où se cache la main-d’œuvre?

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Le Québec ne manque pas d’emplois, mais de travailleurs. On prévoit même que d’ici huit ans, en 2030 donc, il y aura près de 1,4 million de postes vacants à pourvoir. 

Mais où sont les adultes et les jeunes qui ont accès au marché du travail ? Sont-ils malades ou morts ? Ont-ils quitté le Québec sans que l’on s’en rende compte ? Ont-ils décidé de se réfugier dans des chalets loin des villes, loin de la folie actuelle ? Vivent-ils de leurs rentes ?

Que penser des retraités de cinquante-cinq ans en pleine possession de leurs moyens qui préfèrent les terrains de golf, les croisières et les voyages autour du monde parce qu’ils en ont marre de s’échiner ? Et que dire des syndiqués de la fonction publique bénéficiant des avantages entre autres des congés payés et de revenus dont rêvent les travailleurs du privé ? Ceux en particulier dans les secteurs des services où ils sont payés au salaire minimum. 

Indisponibilité

Mais même une proportion des travailleurs qui ont subi les conséquences de la pandémie en perdant leur travail ne semble plus être disponible. En plus, en imposant par la force des choses le travail à la maison, la pandémie a eu comme effet que de plus en plus de travailleurs sont attirés par le travail au foyer.

Le télétravail chez une proportion importante de la population en âge de travailler et qui ne veut plus quitter le foyer a fait son œuvre. Cette semaine, j’ai eu l’occasion de me rendre dans un commerce spécialisé dans les salles de bain. La moitié des employés ont déclaré forfait, m’a-t-on dit. Qui veut acheter une baignoire haut de gamme sans l’avoir vue dans le magasin ? Qui veut acheter sa voiture sur internet ?

Qui veut être soigné à distance ? Qui préfère fréquenter l’université virtuellement ? Comment s’instruire et être stimulé par un professeur à travers ces écrans omniprésents au quotidien ? 

Si on veut faciliter l’accès au marché du travail des femmes, il faut d’abord s’occuper de leur situation familiale. Or, plus de cent mille familles sont en attente d’une garderie pour leurs enfants. 

Immigration

En matière d’immigration, le Québec doit favoriser l’immigration permanente plutôt que des migrations temporaires avec un permis de séjour de deux ans. Car le vieillissement de la population pèse de plus en plus lourd sur le budget de l’État.

Et il est impératif d’inciter les immigrants à s’installer en région, car nombre de villes et de villages sont en train de se vider de leur population. 

Comment arriver à comprendre où se cachent les travailleurs potentiels qui demeurent hors du marché du travail ? Où sont-ils ? De quoi vivent-ils ? Combien le Québec compte-t-il réellement de décrocheurs, des jeunes mentalement incapables de travailler ? 

Par quel mystère le Québec en arrive-t-il à pareille situation ? On manque d’emplois partout. Les cinquantenaires et les sexagénaires décrochent de plus en plus du travail. On souhaite aussi qu’ils disparaissent de plus en plus des ondes et des écrans. Plus de jeunes vivent en itinérance ou résident chez leurs parents. Les vieux s’empilent dans les CHSLD et même le milieu médical met de la pression pour élargir l’aide médicale à mourir. 

Misère ! Quelle fierté d’être Québécois !

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