/opinion/columnists
Navigation

Pascal Bérubé face à la tornade

Pascal Bérubé face à la tornade
Photo d'archives, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Il y a de ces députés de choc qui, contrairement à Claire Samson – la députée conservatrice sur son départ –, ne sont pas des «plantes vertes». Pascal Bérubé fait partie de ces élus qui sont tout sauf des figurants.

Député de Matane depuis 2007, il risque cependant, comme je l’écrivais récemment, de sortir l’unique député du Parti Québécois le soir des élections du 3 octobre.

Depuis quelques semaines, M. Bérubé et son chef non élu, Paul St-Pierre Plamondon, se disent évidemment exaspérés de lire et d’entendre dans les médias autant de énièmes notices nécrologiques du PQ.

Pascal Bérubé étant occupé avec d’autres à tenir courageusement le fort pour ce qui fut jadis un grand parti politique, cette réaction se comprend tout à fait.

Il n’y a sûrement rien de jojo à s’échiner pour empêcher son navire de couler pendant que des observateurs, dont c’est tout de même le travail, font la description détaillée du naufrage en question.

Pour le PQ, déjà sur son déclin depuis plus de 20 ans, le réel n’en est pas moins brutal.

À moins d’un revirement hallucinant, sous le rouleau compresseur de la CAQ, le PQ risque en effet la quasi-disparition. Malgré même des candidatures de qualité, dont celle d’Alexis Deschênes dans Bonaventure.

Mot honni

Pour Pascal Bérubé, un être passionné et un esprit brillant doublé d’un infatigable bourreau de travail, le défi s’annonce pharaonique. Porter la possibilité de siéger seul à l’Assemblée nationale pour son parti n’est pas fait pour les cœurs sensibles.

Le cœur, tout comme sa collègue de Joliette, Véronique Hivon – qui ne se représentera pas –, le député de Matane l’a pourtant très sensible. Fort heureusement, d’ailleurs.

Parce que dans ce Québec où, depuis près de 30 ans, les gouvernements ont déconstruit des pans entiers des services aux personnes les plus vulnérables – la pandémie nous l’a confirmé –, des cœurs grands comme ceux de Pascal Bérubé et Véronique Hivon, il faudrait bien les cloner à l’infini.

Ils sont aussi des souverainistes. Ce mot honni, maintenant confiné aux oubliettes de la CAQ, continue pourtant à exister. Même sans « les chiffres ». Même sans le Grand Soir au bout du chemin.

À la fois fardeau et défi

C’est précisément là que Pascal Bérubé trouvera à la fois son plus lourd fardeau et son plus grand défi.

Si, après le 3 octobre, il se retrouve seul au Salon bleu – ou accompagné à peine d’un ou deux autres élus péquistes miraculés –, comment faire pour empêcher l’idée même d’indépendance de sombrer dans l’oubli pour de bon ?

Un autre véhicule politique sérieux naîtra-t-il éventuellement pour porter le projet souverainiste ? Possible, mais peu probable. Et Québec solidaire ?

Parti progressiste avant tout – et ses appuis dans l’électorat étant polarisés entre souverainistes et fédéralistes –, difficile de croire qu’il pourrait reprendre ce même flambeau sans risquer un schisme dans ses propres rangs.

À moins que, de l’autre versant de l’Outaouais, le Bloc québécois et son chef, Yves-François Blanchet, n’accourent un jour à la rescousse ? À moins qu’au contraire, ils choisissent leur confort dans l’autre capitale nationale ? Bien malins les devins.

En attendant, Pascal Bérubé ne chômera pas. Ne dit-on pas que c’est dans l’adversité qu’on reconnaît ce dont une personne est vraiment faite ?

Lorsqu’on sait de quel bois solide le député de Matane se chauffe depuis longtemps, tant qu’à tenir le coup dans la tornade, il saura sûrement le faire avec panache.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.