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Dehors le président

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Hockey Canada a couru après le trouble. Mais la décision de la ministre des Sports, Pascale-St-Onge, de suspendre l’octroi de fonds fédéraux à la fédération de hockey sur glace canadienne n’est qu’une tape sur les doigts.

Madame la ministre doit exiger la démission du président et chef de l’exploitation, Scott Smith, dont le mandat doit commencer officiellement le 1er juillet.

Depuis 2014, Smith agissait à titre d’adjoint à Tom Renney, qui a annoncé son départ à la retraite le 20 avril.

Renney savait que la tempête approchait. Car le même jour, la présumée victime agressée sexuellement par huit joueurs d’Équipe Canada junior, en 2018, portait plainte à la police de London, en Ontario.

Si Mme St-Onge veut vraiment mettre fin à la culture vieillotte qui perdure chez Hockey Canada, elle doit demander une restructuration de fond en comble de l’organisme.

Elle devrait profiter aussi de l’occasion pour voir comment le Québec et le français sont traités par l’organisation. Elle constatera que nous ne représentons pas grand-chose pour les dirigeants de la fédération.

Hockey Canada a grandement besoin d’être rajeunie et de se mettre au goût du jour. Ses principaux intervenants ne vivent pas à l’heure du siècle présent.

Scandaleux et honteux !

Ce qu’on voit et entend depuis le dévoilement de cette sordide histoire par Rick Westhead, réputé journaliste d’enquête au réseau TSN, est un retentissant direct au visage de la fédération et du hockey canadien.

L’image de notre sport national en prend un sérieux coup. C’est honteux qu’une organisation nationale comme Hockey Canada ait opté pour le silence plutôt que de faire face au problème de front.

Ce triste épisode est un copier-coller du scandale survenu chez les Blackhawks de Chicago pendant les séries éliminatoires de 2010.

En balayant sous le tapis l’abus sexuel dont fut victime Kyle Beach, un joueur prometteur, par l’entraîneur vidéo Brad Aldrich, le directeur général Stan Bowman et l’entraîneur Joel Quenneville ont fini par perdre leur poste.

Le président John McDonough a quitté en douce avant que l’affaire n’éclate au grand jour. Il est l’homme le plus recherché par les médias de Chicago. Il a complètement disparu de la circulation. C’est comme s’il n’avait jamais existé.

Où avaient-ils la tête ?

Les huit John Doe d’Équipe canada junior 2018 vivent depuis la divulgation de l’affaire avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. 

S’il s’en trouve parmi eux qui jouent dans la Ligue nationale, ils doivent être dans leurs petits souliers. Ils doivent se lever en se demandant si leur identité a été dévoilée.

Mais qu’ont-ils pensé ?

Où avaient-ils la tête ?

N’ont-ils pas suivi les programmes de sensibilisation et de prévention que leur prodiguent les formations et les ligues dans lesquelles ils évoluent ?

Écoutaient-ils ?

Dormaient-ils ?

N’ont-ils pas entendu parler du mouvement #MeToo ?

Se croient-ils au-dessus des lois parce qu’ils sont des athlètes ?

Vivent-ils dans le même monde que nous ?

À toutes ces questions, il n’y a qu’une réponse. Leur comportement est irresponsable, inexcusable et impardonnable.

C’est comme s’ils se fichaient de tout et de tous, à commencer par leurs pairs qui respectent les règles de la bonne conduite, coéquipiers comme adversaires.

Les joueurs qui suivent les règles doivent être en beau fusil et pour cause !

Les équipes font leur travail

Dans la Ligue canadienne de hockey – organisation qui chapeaute la Ligue de hockey junior majeur du Québec, la Ligue de l’Ontario et la Ligue de l’Ouest –, les équipes sont tenues de faire part de leur horaire sur la route.

La surveillance est particulièrement étroite dans les séries éliminatoires. Mais certains joueurs passent à travers les mailles du filet.

Rappelons-nous l’incident survenu à Québec la saison dernière lorsque deux joueurs des Tigres de Victoriaville ont abusé d’une jeune femme après avoir remporté la coupe du Président.

Devrait-on aller jusqu’à faire suivre les joueurs par des gardes de sécurité ou en placer un devant leur porte de chambre ?

Ce n’est pas possible, mais bon.

On parle de jeunes adultes qui doivent assumer leurs responsabilités et qui se préparent à entrer dans le monde du travail, que ce soit comme joueurs professionnels ou plus tard dans un corps de métier ou une profession.

Soyez donc responsables !

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