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Un diplôme malgré les embûches

Des finissants de l’école secondaire Vanier ont persévéré

Finissants école secondaire Vanier
Photo Daphnee Dion-Viens Matys Sicard, Sanjock Gurung (au centre) et Alizé Daoust comptent parmi les diplômés de l’école secondaire Vanier.

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Ils terminent aujourd’hui leur secondaire, la tête haute. Des finissants de l’école Vanier, une des plus mal-aimées de Québec, ont réussi à décrocher leur diplôme malgré la pandémie et les embûches. 

Dans cette école secondaire d’environ 350 élèves où 40% sont en difficulté, la majorité des jeunes ne parviennent pas à décrocher leur diplôme d’études secondaires en cinq ans.  

De la quatrième à la cinquième secondaire, le nombre d’élèves diminue considérablement, passant de deux groupes à un seul. 

Cette année, parmi les 27 élèves de cinquième secondaire, un nombre encore plus restreint de jeunes obtiendront leur diplôme. Parmi eux, Matys Sicard, Sanjock Gurung et Alizé Daoust, qui ont accepté de raconter leur parcours au Journal. 

«Je n’ai jamais pensé que j’y arriverais», a lancé Sanjock, un jeune homme de 18 ans dont la langue maternelle est le népalais. Arrivé au Québec à huit ans, il fait partie des rares élèves de l’école Vanier qui réussissent à terminer leur cinquième secondaire tout en ayant suivi des cours de francisation. 

Il n’avait jamais osé s’imaginer au cégep, le voilà pourtant inscrit l’automne prochain en sciences humaines pour devenir éventuellement enseignant d’anglais. 

Matys, de son côté, est arrivé au secondaire avec une dysorthographie et de sérieux retards en mathématique et en anglais. Pourtant, il s’est toujours accroché à son rêve d’aller à l’université, ce qui lui a permis de se donner «de bons coups de pied aux fesses» à quelques reprises, lance-t-il en riant.  

Il ira au cégep en arts visuels, sans savoir précisément vers quoi ce choix le mènera. Ce ne sont pas les passions qui manquent. «Il y a tellement de choses qui me mettent des étoiles dans les yeux», dit-il. 

Alizé a quant à elle réussi à surmonter ses démons intérieurs. «C’est ma santé mentale qui n’allait pas bien», affirme-t-elle sans détour. Ayant grandi à Montréal, elle a commencé son secondaire à Rouyn-Noranda à la suite d’un déménagement, avant d’arriver à Québec en quatrième secondaire. 

«Ç’a été vraiment difficile. J’avais de la misère à me faire des amis, j’étais tout le temps stressée. Même si j’avais de bons résultats, ça ne marchait pas», raconte-t-elle. 

Son arrivée dans cette «petite école assez familiale» a marqué un tournant, même si elle a mis du temps avant de s’y sentir finalement à sa place. 

Des amis qui décrochent 

Au fil des années, ces finissants ont aussi vu plusieurs de leurs camarades de classe changer d’école ou carrément abandonner. «Voir mes amis décrocher, c’était démotivant. Ça ne te pousse pas à faire des efforts», dit Sanjock. 

«Il y avait beaucoup d’élèves très démotivés et ça contamine les autres. Tout ça était très lourd», ajoute Matys. 

La pandémie et les cours en ligne n’ont évidemment pas aidé. En septembre, le retour à la normale après une année d’enseignement hybride fut difficile pour plusieurs, témoigne l’enseignante de français Audrey Simard. 

«En classe, ils sont obligés de nous écouter, ils ne peuvent pas se mettre sur mute et allez écouter Netflix. L’engrenage était rouillé», dit-elle. 

Les choses se sont tranquillement replacées au fil des semaines, mais pour certains, la motivation demeure toujours un défi. «Il reste une petite cicatrice», laisse tomber l’enseignante.  

Le retour à temps plein sur les bancs d’école, sans bulle-classe, leur a toutefois permis de vivre de nouvelles expériences, comme l’animation d’un spectacle de variétés dont ils se souviendront longtemps. 

C’est d’ailleurs ce dont Sanjock est le plus fier. «Ça m’a permis de sortir de ma zone de confort, j’ai adoré. Les gens sont trop bien ici», lance-t-il avec un grand sourire. 

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