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Libérations conditionnelles: face à leur ancien pimp qui leur a fait vivre un calvaire

Deux victimes d’un proxénète ont témoigné pour qu’il ne sorte pas du pénitencier

Marie-Michelle
Photo Chantal Poirier Marie-Michelle Desmeules, l’une des victimes de Josué Jean, tenait à s’adresser à la Commission des libérations conditionnelles du Canada afin d’éviter que son ex-proxénète, qui a écopé de huit ans de détention en 2019, puisse déjà sortir de prison.

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Deux victimes d’exploitation sexuelle ont imploré les libérations conditionnelles de ne pas remettre en liberté un proxénète explosif et contrôlant qui leur a fait vivre l’enfer pendant des années.

« Je ne pense pas qu’un homme aussi violent, manipulateur, dépourvu d’émotions et de sensibilité puisse avoir aussi rapidement eu une prise de conscience sur le mal qu’il a engendré autour de lui », a déploré Marie-Michelle Desmeules.

Cette dernière témoignait plus tôt cette semaine à une audience de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, afin d’éviter que son ex-pimp, Josué Jean, sorte de prison.

Condamné en 2019 à huit ans de détention pour avoir maintenu sous son joug deux victimes de 2002 à 2009, l’homme de 44 ans espère obtenir une semi-liberté.

Mme Desmeules, ainsi qu’une autre victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, ont décrit les nombreux sévices qu’elles ont subis sous l’emprise du proxénète.

Les deux ont connu Josué Jean comme un amoureux attentionné. Mais par la suite, il est devenu extrêmement contrôlant, les forçant à faire des clients et à lui remettre tous leurs gains. 

Demande prématurée

« Des coups, j’en ai reçu aussi. Combien ? Je ne m’en souviens pas. Cependant, une fois, il m’a frappé tellement fort sur la tempe que je suis tombée et j’ai eu des côtes cassées », a relaté Mme Desmeules, ajoutant qu’elle était alors enceinte et que la force du coup lui a fait faire une fausse couche.

« Il m’a mis une arme sur ma tête dans un élan de colère banal », a rapporté l’autre victime, qui avait à peine 18 ans lorsqu’elle s’est retrouvée sous l’emprise du pimp.

Si Josué Jean considère que les trois années passées en détention sont suffisantes, le service correctionnel s’est opposé à sa semi-liberté, jugeant cette demande « prématurée ». En effet, le détenu crie toujours à l’injustice et donne une version des faits « minimisant ses gestes envers les victimes », a-t-on appris lors de l’audience. 

Jean a réitéré que les victimes étaient consentantes, que c’est d’ailleurs la première, qui était déjà dans le milieu, qui « l’a amené » à vivre des fruits de la prostitution. Il a reconnu y avoir pris goût et s’être habitué à la vie luxueuse, mais il a justifié le tout par le fait qu’il était « jeune ».

« J’ai fait des stupidités, mais c’est du passé », a-t-il lancé.

Encore peur

La commissaire Véronique Buisson lui a ensuite rappelé que les victimes, qui ont été sous son contrôle pendant des années, subissent pourtant encore des séquelles psychologiques et physiques. 

« Il m’a volé une partie de ma vie », a lancé sa première victime.

Marie-Michelle Desmeules, elle, fait notamment encore des cauchemars et vit beaucoup d’anxiété. Elle dit toujours avoir peur de Josué Jean, un être « manipulateur », qui sait se faire « très patient ».

« Je crains pour moi, pour la collectivité et surtout, pour les jeunes filles naïves qui auront la malchance de croiser son chemin. Il récidivera », a-t-elle averti. 


► Les commissaires Véronique Buisson et Steven Dubreuil rendront leur décision dans les prochains jours.

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