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Sur les sites et les applications de rencontre, les comportements grossiers prolifèrent

Sur les sites et les applications de rencontre, les comportements grossiers prolifèrent
Firmbee, sur Pixabay

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Le marché des rencontres en ligne est énorme. Selon la BBC, trois adultes sur dix chez nos voisins du Sud sont inscrits à un site de rencontre, un ratio qui grimpe à 48% chez les 18 à 29 ans – des statistiques sans doute identiques de ce côté-ci de la frontière. 

Et, si vous êtes parmi ces utilisateurs, vous avez certainement vu sur des profils des avertissements tels que no scammers, no rude people, no players, no liars, no married man, etc.

Selon la BBC et la chercheuse australienne Joanne Orlando, certaines caractéristiques des applications de rencontre favorisent particulièrement les mauvais comportements. «L’écran médiatise le courage au point que certains feront et diront des choses en ligne qu’ils ne feraient jamais dans la vie réelle».

En somme, des comportements en ligne que personne n’oserait faire dans un bar, un café, au gym ou dans n’importe quel lieu public. Et pourtant, dès qu’ils sont derrière un clavier, des gens se meuvent en de grossiers personnages.

De plus, des algorithmes qui favorisent la dépendance et le vaste choix des options de recherche font tomber les bonnes manières en ligne. Pour utiliser les applications de rencontre au maximum, plusieurs n’hésitent pas à multiplier les «likes» et à rejeter sans ménagement les personnes moins prometteuses.

Les mauvais comportements sur les applications de rencontre sont très variés, allant de drague relativement inoffensive, mais présomptueuse («Hey, ma belle, qu'est-ce qu'on fait ce soir?»), aux menaces et abus purs et simples.

Sur les sites et les applications de rencontre, les comportements grossiers prolifèrent
Gerd Altmann, sur Pixabay

Étonnamment, beaucoup de gens sur les sites de rencontre ne vivent pas seuls. Ainsi, en 2018, une équipe de chercheurs des Pays-Bas et des États-Unis a découvert que 42% des personnes ayant un profil sur l'application de rencontres Tinder étaient mariées ou en couple, mais cherchaient encore des rendez-vous.

Plus facile de tricher en ligne 

Même les participants à l'enquête n'étaient pas sans reproches: environ 17% des participants à l'étude ont eux-mêmes admis avoir envoyé des messages à quelqu'un sur Tinder alors qu'ils étaient en couple, et environ 7% ont déclaré avoir eu une expérience sexuelle avec une personne rencontrée sur Tinder alors qu'ils sortaient avec quelqu'un d'autre.

Les chercheurs reconnaissent que les applis de rencontre rendent l’infidélité plus facile, car elles offrent un bassin de personnes déjà à la recherche de romance et de sexe qui n'existent pas nécessairement dans la communauté immédiate de l'infidèle.

De plus, certaines applis permettent de bloquer des gens trop familiers, comme les membres de la famille, les collègues de travail, etc.

Trop de messages explicites, manque de gentillesse 

Bien que les hommes et les femmes puissent recevoir des commentaires négatifs lors de rencontres en ligne, il existe un fossé entre les sexes quant à la manière dont ces abus se manifestent. Les femmes sont plus susceptibles d'être la cible de commentaires sexuels inappropriés sur les applications de rencontre, tandis que les hommes sont plus susceptibles de recevoir des commentaires négatifs concernant leur succès et leur réputation (ou leur absence). Ces remarques désobligeantes sont un problème croissant, car les gens reportent leurs problèmes et leurs frustrations sur les autres. Par conséquent, il y a une acceptation générale du fait que les gens ne seront pas gentils en ligne.

Entre les hommes et les femmes, ces dernières sont touchées de manière disproportionnée par les mauvais comportements en matière de rencontres en ligne; à savoir les messages de sextage non sollicités et explicites.

Sur les sites et les applications de rencontre, les comportements grossiers prolifèrent
Niek Verlaan

Le danger de la normalisation 

L’absence de retenue et la prolifération de mauvais comportements en ligne créent un problème plus sournois encore, celui de la banalisation ou de la normalisation des transgressions qui, à défaut de moyens pour les éliminer, finissent par être acceptées.

Voilà un autre pan négatif de la vie en ligne à mettre dans le même panier que la désinformation, les trolls et les déchaînements de haine en ligne sur les réseaux sociaux.

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