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Kim Clavel a «quelque chose sur le cœur»

Kim Clavel a «quelque chose sur le cœur»
Photo Martin Chevalier

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MONTRÉAL – C’est une Kim Clavel revigorée, mais surtout irritée, qui tentera de ravir la ceinture des mi-mouches du World Boxing Council (WBC) de Yesenia Gomez, le 29 juillet prochain.

La sympathique boxeuse montréalaise a montré un tout autre visage en conférence de presse, lundi, à un mois du combat le plus important de sa carrière.

On peut la comprendre: ce duel tant attendu a déjà été repoussé trois fois, d’abord en raison de blessures de part et d’autre, ensuite à cause de la COVID-19, que Clavel (15-0-0, 3 K.-O.) a contractée en avril.

C’est toutefois Gomez (19-5-3, 6 K.-O.) qui a ajouté la goutte ayant fait déborder le vase de l’athlète de 31 ans, en alléguant que Clavel avait feint son infection et en envoyant des flèches à son clan au passage.

«Je peux comprendre la frustration, mais il y a des choses qu’on ne peut pas dire, a tranché la Québécoise. Dire que mon équipe est une bande de clowns pas sérieux et que je fais semblant d’avoir la COVID, ça n’a pas passé du tout.

«J’ai été malade, la grosse fièvre. Ça m’a fait de la peine qu’elle pense des choses comme ça. J’ai quelque chose sur le cœur et je vais régler ça certainement. Elle ne sait pas de quel bois je me chauffe.»

Par l’entremise d’un interprète, la Mexicaine de 26 ans a quelque peu tempéré ses propos, mais a livré essentiellement le même message à la cinquième boxeuse qui tentera de chiper sa couronne.

«Je suis prête depuis décembre. Ça fait longtemps. J’espère que cette fois, Kim sera prête aussi. Le passé est [derrière nous].»

Clavel 2.0

Habituellement calme et conviviale, Clavel puisera ainsi dans une nouvelle forme d’énergie sur le ring. Elle assure toutefois qu’elle ne se laissera pas emporter par ses émotions.

«J’ai une capacité à canaliser les émotions, a-t-elle enchaîné. Quand je travaillais comme infirmière, souvent, on avait des urgences et il fallait rester concentrée et avoir un bon jugement.»

«Depuis que j’ai cette petite haine-là, je bats tous mes records au gymnase. Je pense que ça va être la même chose le 29 juillet. C’est une nouvelle ambiance et je carbure à ça en ce moment.»

Son entraîneuse Danielle Bouchard a été aux premières loges de la genèse de la version 2.0 de sa protégée et elle a exprimé sa fébrilité de la voir à l'œuvre entre les câbles.

«C’est le quatrième camp d’entraînement et Kim n’a jamais été aussi prête. Plus déterminée que Kim, c’est difficile. Je suis excitée, j’ai hâte. Je suis patiente, mais ma patience a ses limites», a-t-elle lancé, le ton rieur.

Des déjeuners avec grand-maman et de la résilience

MONTRÉAL – Après avoir reçu un test positif à la COVID-19 en avril, Kim Clavel s’est octroyé de courtes vacances pour se ressourcer. Elle affiche aujourd’hui la rigueur et le dévouement d’une boxeuse qui tentera de devenir championne du monde dans un mois, mais prend tout de même le temps de déjeuner avec sa grand-mère chaque semaine pour se «sortir de la boxe».

Cela peut sembler anecdotique, mais ce rendez-vous hebdomadaire n’a rien d’anodin pour la championne Silver du World Boxing Council. Elle ne se laissait auparavant aucune marge de manœuvre en prévision d’un combat, mais a indiqué avoir appris de ses derniers camps d’entraînement.

«C’est l’école de la vie. Avec des annulations et des blessures, psychologiquement, il faut être forte, a-t-elle confié en conférence de presse, lundi. C’est un apprentissage. J’ai parlé à des psychologues et beaucoup avec ma famille. J’ai pleuré, j’ai été fâchée, j’ai été déçue.»

Pendant sa période de repos, Clavel a pris le temps de voir ses proches pour panser ses maux et a réalisé l’importance de garder les deux pieds sur terre pendant sa préparation.

«Cette fois-ci, tous les mercredis, je vais déjeuner avec ma grand-mère. Elle me ressource. La semaine, c’est boxe, boxe, boxe. Quand on est ensemble, on n'en parle pas. Elle me fait du bien.»

Son éthique de travail n’en demeure pas moins inébranlable. Elle se permet simplement «de vivre son camp d’entraînement en faisant des choses qui lui font du bien», tout en respectant son plan de match.

«Penser boxe, vivre boxe, dormir comme un bébé, manger comme un nutritionniste, a-t-elle énuméré avec humour. Je fais ça jusqu’au 29 juillet. Le 30, ça va être mes deux hot-dogs “steamés”.»

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