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Les États-Unis à la dérive

Les États-Unis à la dérive
Photo AFP

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Un pas en arrière, un pas à droite ; la société américaine est engagée dans une danse déroutante, et, pour l’instant, c’est la Cour suprême qui mène le bal. Le cavalier va toutefois bientôt changer ; ça risque de swinger encore plus fort !

C’est toujours ainsi, la fin du mois de juin apporte son lot de décisions du plus haut tribunal des États-Unis. Il y a des années plus calmes que d’autres, mais cette fois-ci, en une dizaine de jours, SCOTUS — comme on l’appelle à Washington (Supreme Court Of The United States) — a tiré le pays vers un conservatisme qui choque de notre côté de la frontière.

Un décompte rapide désarçonne, en effet : l’annulation du droit à l’avortement, l’approbation de la prière en écoles publiques, l’expansion du droit au port d’armes, et enfin, la restriction des pouvoirs de l’Agence de protection de l’environnement.

QUI LE MÈNE, CE PAYS-LÀ ?

Pour une vie politique qu’on croyait au centre gauche avec une présidence, une Chambre des représentants et un Sénat dirigés par des démocrates, le virage est abrupt. Et on ne voit pas encore le bout de la courbe.

Les fameuses élections de mi-mandat se tiendront dans quatre mois, presque jour pour jour. C’est de plus en plus clair que les démocrates se dirigent vers une solide dégelée. Le parti installé à la Maison-Blanche ne l’a jamais facile. Cette année, la mer est encore plus agitée et les écueils, plus nombreux.

La cote d’approbation de Joe Biden, en ce moment, est pire que celle de Donald Trump à pareille date de sa présidence. Faut le faire ! L’inflation galopante, les mesures draconiennes de la FED, la banque centrale, pour la freiner, et la nervosité des places boursières créent une ambiance prérécessionnaire qui donne peu envie aux indécis de garder les démocrates au pouvoir.

L’ALTERNATIVE AVEUGLÉE

Avec un système à deux partis, à moins de s’abstenir, quand on ne vote pas Démocrate, on appuie les républicains. Sauf que le Grand Old Party a vendu son âme à Donald Trump, et, plus tristement encore, à ses prétentions démenties de fraude électorale lui ayant volé la victoire à l’élection présidentielle de 2020.

JOUER AVEC LE FEU

Du coup, les républicains sont engagés dans une dynamique doublement perverse : les primaires pour choisir les candidats couronnent des aspirants qui vivent dans la réalité alternative de l’ex-président ; parallèlement, les potentiels postulants rationnels et modérés se tiennent à l’écart, laissant davantage de place aux illuminés pro-Trump.

Si les décisions de la Cour suprême vous ont perturbés, vous aurez un choc aux élections de novembre prochain. Les candidats républicains appellent à encore moins de contrôle des armes, moins de mesures contre les changements climatiques et plus de contraintes encore pour les femmes qui veulent un avortement.

Des positions tellement extrêmes dans certains cas que les démocrates ont encouragé leurs partisans à soutenir ces prétendants républicains, dans l’espoir qu’en novembre, les électeurs seront dégoûtés par un tel fanatisme et se rangeront du côté démocrate.

Un pari risqué. Si le calcul ne fonctionne pas, le Congrès auquel le président Biden fera face sera encore plus radical et encore moins intéressé par le compromis. Un pari qui a d’ailleurs déjà été perdu : en 2016, plusieurs démocrates se réjouissaient à l’idée de voir Trump représenter le parti républicain : qui allait voter pour un tel homme ? On connaît la suite. 

Des candidats républicains déconcertants 

KARI LAKE

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Photo d'archives, AFP

Candidate, gouverneur de l’Arizona

  • Conspirationniste, elle promet une vaste enquête sur les résultats de l’élection présidentielle de 2020 dans son État. Plusieurs enquêtes ont déjà confirmé la victoire de Joe Biden.
  • Elle est soutenue par Donald Trump, qu’elle a décrit comme « pratiquement parfait ». 

DARREN BAILEY

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Candidat, gouverneur de l’Illinois

  • Partisan de différentes théories conspirationnistes, notamment que la COVID-19 n’était qu’une mauvaise grippe et que ce sont les vaccins qui sont responsables des décès. 

DOUG MASTRIANO

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Photo d'archives, AFP

Candidat, gouverneur de la Pennsylvanie

  • Il a nolisé des autobus pour Washington le 6 janvier 2021 et a lui-même franchi les barrages policiers protégeant le Capitole.
  • Farouchement antiavortement, il est soutenu par Trump qui, selon lui, a gagné la présidentielle en Pennsylvanie, ce qui a plusieurs fois été démenti.

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