/opinion/columnists
Navigation

Bernier, Poilievre et les compatriotes du convoi

CANADA-CELEBRATION
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

Je n’avais jamais vu pareil mélange lors de la fête du Canada. 

Il y avait les manifestants qui scandaient « liberté » le poing levé en brandissant des drapeaux canadiens. Et les autres, les petites familles, tout aussi patriotiques dans leurs habits blanc et rouge.

Chez les premiers, la colère du protestataire. Chez les autres, l’air détendu du vacancier.

La ressemblance de l’uniforme était aussi saisissante que la différence de leurs humeurs respectives. 

Sauf ces dispositions d’état d’esprit, et peut-être aussi les affiches anti-Trudeau/vaccins/mesures sanitaires, il aurait été difficile de différencier les manifestants des autres.

On célèbre la liberté comme on peut, ou comme on veut. 

Liberté

Devant ce drôle de spectacle qui semblait la dépasser, une jeune immigrante qui habite Toronto depuis deux ans m’a lancé : « Je vois deux groupes de gens qui aiment tout autant leur pays, à leur façon ».

Si seulement c’était aussi simple.

Ce qui nous amène à Pierre Poilievre, qui appuie le soi-disant « convoi de la liberté » sans réserve. 

Jouer dans les platebandes de Maxime Bernier l’aidera peut-être à remporter la course à la direction du Parti conservateur. 

C’est très bien parti pour lui. Son avance semble être insurmontable.

Mais dans la foule compacte de dizaines de milliers de personnes, les révoltés du convoi ne forment qu’une petite minorité. 

Et leurs doléances n’ont pas très bien vieilli au moment où les mesures sanitaires s’évaporent. 

Leur appel à la liberté sonnait d’autant plus faux parmi la masse joyeuse rassemblée. 

Famille dysfonctionnelle

En cette fête du Canada, à Ottawa, on a été à même de constater la force, mais aussi les limites de la chambre d’échos que forme la « complosphère ». 

Maxime Bernier n’a pas l’intention, de façon réaliste, de prendre le pouvoir, m’a-t-il dit ce week-end en marge des célébrations. 

L’affaire est tout autre pour Pierre Poilievre. 

Or, les deux s’abreuvent en partie au même puits.

C’est cette attitude qui a conduit des ténors de la famille conservatrice comme Brian Mulroney à ne plus s’y reconnaître. 

Comme beaucoup de patriotes canadiens ordinaires ne se sont pas reconnus, non plus, dans les revendications ou la colère du convoi.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.