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Fonderie Horne de Rouyn-Noranda: une fermeture n'est pas nécessaire, selon la Santé publique

La Santé publique croit que Glencore fera ce qu’il faut pour réduire les émissions

L’entrée principale des gigantesques installations de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda, en Abitibi. L’usine est la propriété de la très prospère multinationale anglo-suisse Glencore.
Photo Olivier Bourque L’entrée principale des gigantesques installations de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda, en Abitibi. L’usine est la propriété de la très prospère multinationale anglo-suisse Glencore.

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La Santé publique du Québec a soufflé le chaud et le froid, hier, à l’endroit de la multinationale Glencore, propriétaire de la Fonderie Horne.

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En effet, elle a dévoilé des données préoccupantes sur les effets cancérigènes des émissions d’arsenic de l’usine. 

Cependant, la Santé publique n’estime pas pour autant qu’il est nécessaire de fermer la Fonderie Horne.

  • Écoutez l’entrevue d’Alexandre Moranvile avec Émilise Lessard-Therrien sur QUB radio :

«Si vous me demandez la question aujourd’hui: y a-t-il des chiffres qui nous invitent à dire qu’il faut fermer l’entreprise et éviter toutes émanations à compter d’aujourd’hui? La réponse est non», a indiqué le patron de la Santé publique du Québec, le Dr Luc Boileau, lors d’une conférence de presse, hier. 

Besoin de plus d’études

M. Boileau ajoute toutefois qu’il est nécessaire d’aller chercher davantage «d’opinions d’expertise» avant d’avoir un portrait plus clair de la situation, et n’a pas été en mesure de détailler le niveau «acceptable» d’émissions toxiques de l’entreprise. 

Pour lui, Glencore, propriétaire de l’usine, prendra les mesures nécessaires pour diminuer ses émanations toxiques. 

«Je pense qu’ils en prennent acte et je crois qu’ils vont cheminer», a-t-il estimé. 

Glencore, une multinationale qui a enregistré des profits de 5 milliards $ l’an passé, n’a cependant pas été en mesure de détailler la cible qui pourrait être atteinte lors des prochains mois. 

«À ce moment-ci, je ne peux pas vous dire le chiffre», a souligné Claude Bélanger, chef des opérations de cuivre chez Glencore, lors d’une entrevue à LCN. 

En entrevue la semaine dernière, un autre dirigeant de la Fonderie avait estimé que la norme québécoise n’était pas un objectif réaliste. 

«C’est techniquement impossible de se rendre à ce niveau-là», avait souligné Donald Piché, directeur de l’ingénierie. 

Mesures promises

Glencore s’est toutefois défendue hier en arguant que ses émissions ont été réduites de 30 % depuis 2017 à sa station d’échantillonnage. 

«Nous ne l’avons pas suffisamment communiqué jusqu’ici mais [...] nous avons un plan concret pour réduire davantage nos émissions et sommes déterminés à améliorer la situation», a souligné par voie de communiqué l’entreprise. 

La multinationale a aussi mis en place une zone de transition entre la fonderie et le quartier Notre-Dame, situé juste en face. Elle travaille aussi sur deux projets, Velox et Phenix, afin de capter les gaz et la poussière. 

Trop peu aux yeux des écologistes

Mais c’est bien peu pour les groupes écologistes qui voudraient plus d’engagements de la part de la Santé publique et de l’entreprise. 

«À partir d’aujourd’hui, il faut mettre en place les mesures pour éliminer le maximum de polluants. Il faut baisser la production et lors des journées d’épisode de smog, il ne devrait pas y avoir aucune production», a estimé André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.  

QUATRE ACTIONS PROMISES PAR LA FONDERIE HORNE

  • Aménager une «zone de transition» entre la Fonderie et le quartier Notre-Dame
  • Amélioration et ajout de dépoussiéreurs
  • Déploiement de projets pour la «capture optimale» des gaz et poussières
  • Travailler à la captation des émissions provenant d’évents de toit du réacteur
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