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Biden, le Moyen-Orient et la quadrature du cercle

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Photo AFP Joe Biden

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Joe Biden s’envole cette semaine pour le Moyen-Orient. Il n’est pourtant pas à court de défis. Il laissera à Washington une série d’ennuis dont il ne parvient pas à se débarrasser. Et là-bas, il traitera essentiellement de la paix dans le monde. L’homme, de toute évidence, aime courir après le trouble.

Les temps sont durs à la Maison-Blanche. Le remède servi à la grande commotion de l’été — l’annulation du droit à l’avortement par la Cour suprême — soulage peu de gens : un décret présidentiel signé vendredi, qui garantit l’accès à la pilule abortive et à la contraception d’urgence.

Le ministre de la Santé, Xavier Becerra, s’est aussi fait confier la mission de préparer des batailles juridiques à venir, mais comme lui-même a reconnu qu’il n’y a pas de « solution miracle » au rétablissement de l’avortement à la grandeur des États-Unis, ça augure mal.

Pour ce qui est du reste, on va de déception en découragement : l’inflation devrait atteindre 9 % ce mois-ci ; les armes à feu circulant toujours aussi librement, les fusillades de masse se multiplient ; et les sanctions contre la Russie, présentées chaque fois avec aplomb, n’empêchent pas les armées de Vladimir Poutine de détruire tout sur leur passage et de faire des gains dans l’est de l’Ukraine.

BIDEN À JÉRUSALEM

Le président Biden ira donc se changer les idées en Israël, puis sur les berges de la mer Rouge en Arabie Saoudite. En fait, pour reprendre une expression chère à ma mère, il en profitera plutôt pour « changer le mal de place » : le mal reste, il est juste ailleurs.

D’abord, il voudra rassurer les Israéliens devant la menace que l’Iran fait peser sur la région. Donald Trump ayant déchiré l’accord conclu avec Téhéran pour encadrer son programme nucléaire, il ne reste plus à son successeur, faute de progrès dans les négociations, qu’à rappeler à l’État hébreu le soutien inconditionnel des États-Unis à sa sécurité.

Le président américain franchira aussi la vingtaine de kilomètres qui sépare Jérusalem de Ramallah en Cisjordanie pour réaffirmer aux Palestiniens un autre engagement de son administration : l’attachement à une solution à deux États, palestinien et israélien, vivant côte à côte dans la paix. Les chances que cela se réalise ? Nulles, mais ça paraît bien.

JOE D’ARABIE

À Djeddah, avec les dirigeants des monarchies du golfe Persique, on nous annonce un ordre du jour chargé : Iran, Yémen, Israël. Cela dit, personne ne doute qu’en pleine crise d’approvisionnement pétrolier et avec le prix de l’essence à des sommets, Joe Biden sollicitera plus de production de ses hôtes.

Ce qui donne finalement des allures de diplomatie de rattrapage à tout ce voyage : d’abord, ramasser — sans même essayer de les recoller — les pots fracassés par Trump avec l’Iran, puis dire aux Palestiniens qu’on ne les oublie pas, même si c’est ce que font les Accords d’Abraham, concoctés par Trump.

Puis, quêtant plus de pétrole d’une main, Biden devra serrer de l’autre celle du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, dont il avait promis de faire un paria pour le meurtre atroce de Jamal Khashoggi. Comme disait Piton, y’en aura pas de facile... même pour le président américain. 

De Jérusalem à Jeddah, du 13 au 16 juillet 2022 

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Photos AFP et courtoisie, Wikipédia

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