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Et si le prochain chef des verts était Québécois?

Jonathan Pedneault
Photo Chantal Poirier L’aspirant candidat à la chefferie du Parti vert du Canada, Jonathan Pedneault.

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Il faut être motivé pour se laisser tenter par la direction du Parti vert du Canada. 

Le parti tient avec de la broche depuis le règne tumultueux d’Annamie Paul.  

Sa crédibilité est à refaire, ses finances aussi.  

Le Parti vert a connu sa pire performance électorale en 20 ans l’automne dernier.  

Pour vous donner une idée de la glissade, les verts ont récolté moins de 400 000 votes, soit 2,3 % des voix exprimées. Une performance bonne pour la 5e place, derrière le Parti populaire de Maxime Bernier. 

En 2019, 1,2 million d’électeurs avaient voté vert (6,5 % du vote populaire). 

Pendant ce temps, Bernier a progressé en récoltant 850 000 voix, soit 5 % du vote en octobre. 

Plusieurs Québécois 

Quoi qu’il en soit, la course à la succession d’Annamie Paul commence officiellement à la fin août, et elle risque d’attirer plusieurs candidats québécois.  

Il faut dire que le parti a cette fois adopté une règle stricte de bilinguisme (sauf pour les candidats autochtones), qui, évidemment, ne fait pas l’affaire de tous ailleurs au pays.

Selon le Toronto Star, les anciens candidats verts fédéraux Chad Walcott et Dalila Elhak sont intéressés, ainsi qu’Alex Tyrrell, le chef des verts québécois. 

Un autre aspirant candidat québécois s’ajoute, soit le militant pour les droits de l’homme Jonathan Pedneault. 

Cet « outsider » vient de prendre sa carte de membre du parti après avoir quitté son job de chercheur chez Human Rights Watch, lui qui a roulé sa bosse dans le milieu des ONG pendant 15 ans.  

Sa campagne visera entre autres à « démontrer que le parti est capable de rétablir l’ordre dans la cabane ». 

Sa propre cabane.  

« Il faut être plus discipliné », m’a-t-il dit récemment en entrevue.  

Ce serait effectivement un bon départ ! Et cette règle de bilinguisme, qu’en penses-t-il?

«Je suis d’accord, ça démontre notre sérieux. Mais je suis aussi prêt à accepter qu’un candidat s’engage à apprendre le français.»

Gouvernements frileux

Jonathan Pedneault semble vouloir se positionner comme le candidat anti-cynisme et réaliste.  

« Pour moi, c’est essentiel que le discours environnementaliste se sorte les doigts du nez et regarde un peu autour, me lance-t-il autour d’un café à Ottawa. C’est facile d’être environnementaliste quand on habite dans le quartier Plateau-Mont-Royal. » 

Il est en effet plus facile de faire de petits gestes quotidiens bons pour l’environnement quand on peut vivre à pied, prendre le métro, faire la plupart de ses achats bios et locaux dans un rayon d’un kilomètre. 

« C’est une autre histoire de faire les bons choix quand tu travailles deux jobs à temps partiel et qu’il faut que tu passes deux heures par jour dans une voiture pour gagner un salaire qui ne sera peut-être pas suffisant pour t’acheter une maison. » 

« Le blâme ne revient certainement pas au citoyen qui habite en région ou à la personne qui utilise sa voiture tous les jours. »  

Alors qui est à blâmer pour la dégradation précipitée de notre environnement ? 

Surtout, selon lui, les gouvernements qui ont été trop frileux à contraindre les grandes industries à moins polluer lorsqu’il était temps d’agir.

De grandes industries qui reçoivent souvent de généreuses subventions de l’État, donc des contribuables.  

L’attrait des régions avec l’essor du télétravail doit aussi être un incitatif pour investir dans le transport collectif dans les plus petites municipalités.  

« Ma famille vient du Lac-Saint-Jean, je passe pas mal de temps là-bas. Il y a peu d’infrastructure qui permet aux gens de faire des choix écologiques », juge-t-il.

Bernier et Poilievre 

Se rapprocher des régions, certes, mais aussi de ceux qui se sentent exclus, ceux sensibles aux arguments de Maxime Bernier et de Pierre Poilievre.

Ces électeurs en colère contre « le système » que les progressistes regardent de haut et que la droite manipule, selon lui.

« Il y a beaucoup de gens qui sont sortis perdants de la mondialisation. Moi je suis sorti gagnant de ça. » 

« Il y a beaucoup de gens qui travaillent des 40, 50 heures semaine et dont les finances tiennent avec de la broche, qui se font dire par les élites politiques et médiatiques que ce sont des intolérants, qu’ils ne comprennent rien à la politique. » 

« Ce que Bernier a été capable de faire, c’est d’aller écouter ces gens-là. » 

Écouter, leur parler sans jugement pour combattre la polarisation. 

Une approche noble, sensée, mais dont on peut imaginer les limites face aux ravages de la désinformation. 

« Ce qui m’intéresse, de prime abord, c’est de rétablir le lien de confiance entre les politiciens et la population. »

Le Parti vert élira son prochain chef le 19 novembre prochain.

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