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Travailleurs étrangers: les esclaves du Québec

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Dans ma profession, j’en entends des vertes et des pas mûres. Pourtant, je ne cesse de m’étonner de l’avidité de certains humains. Outre les histoires d’horreur de pédophiles, de meurtriers, de proxénètes, de prostitueurs, il y a celles de ces employeurs qui traitent leurs travailleurs étrangers comme des sous-humains. 

Une exploitation qui passe sous le radar des autorités et la complaisance de cette agence de placement des travailleurs étrangers agricoles, FERME-Québec : des journées de travail de 12 heures pour des salaires de misère, des heures supplémentaires non payées, des conditions de vie dignes du Moyen Âge, des expositions à des produits toxiques, sans parler du harcèlement sexuel, du racisme, de l’intimidation, des menaces, des insultes, de l’obligation de faire des travaux pour le bénéfice personnel de l’employeur (déneiger son toit, faire son entrée de garage, etc.) et j’en passe. 

On retrouve ces esclaves, disons les vrais mots, dans les champs, les abattoirs, les hôtels, les restaurants, les entreprises de meubles, les résidences privées comme aides-ménagères ou nounous, etc. 

Et, le pire... ce pouvoir de vie ou de mort. 

Une chaîne bien solide 

Il faut savoir que le travailleur étranger est littéralement attaché à l’employeur. Avant d’entrer au Canada, il doit signer un contrat de travail exclusif. Autrement dit, si l’employeur décide qu’il ne fait plus l’affaire, il doit retourner chez lui. De plus, on lui fait miroiter que s’il est bien obéissant, il pourra éventuellement faire une demande de résidence permanente. 

Le permis de travail est donc lié à un contrat exclusif, octroyant ainsi un pouvoir considérable à l’employeur. En d’autres mots, c’est le gouvernement fédéral qui enchaîne l’esclave. Pire encore, il n’offre aucune échappatoire. 

Vers une explosion des demandes

Au Québec, un travailleur étranger, en plus de son permis de travail délivré par le gouvernement fédéral, doit obtenir un Certificat d’acceptation du Québec. L’employeur doit donc passer par deux paliers gouvernementaux. C’est à se demander si des vérifications sont faites pour détecter les entreprises délinquantes. 

Le gouvernement du Québec offre même des subventions pour les missions de recrutement à l’étranger, pour les frais de déménagement des travailleurs et de l’aide pour compléter les documents administratifs. 

Avec la pénurie de main-d’œuvre et la diminution des quotas en immigration, les besoins sont criants. Depuis août 2021, une entente avec le gouvernement fédéral permet aux entreprises québécoises de doubler leurs embauches de travailleurs étrangers dans des postes à bas salaire, catégorie où l’on retrouve le plus d’exploitation. 

Techniquement, les travailleurs étrangers jouissent des mêmes droits que ceux du Québec : équité, salaire décent, bonnes conditions de travail, etc. Ils peuvent même poursuivre au Tribunal du travail. Ça fait joli sur internet. Reste qu’entre le rêve et la réalité, il existe souvent un fossé. Des esclavagistes, il y en a au Québec ! 

Quoi faire ? Quelques avenues faciles : donner des amendes salées aux employeurs délinquants, informer les étrangers de leurs droits et leur offrir des permis de travail ouverts. Tout simplement, briser leurs chaînes. 

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