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Viktor Orbán et Donald Trump au Texas

Viktor Orbán et Donald Trump en 2019
AFP Viktor Orbán et Donald Trump en 2019

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Si les médias ont braqué les projecteurs sur le retour du 45e président dans la capitale américaine mardi, de mon côté je prête une attention particulière à tout ce qui entoure la prochaine rencontre du Conservative Political Action Conference (CPAC) la semaine prochaine.

Ce regroupement d’activistes conservateurs est particulièrement influent, et rares sont les candidats ou candidates du Parti républicain qui peuvent se permettre l’économie d’une présence. Un appui du groupe n’est pas garant de succès, mais il est préférable d’y faire bonne figure.

Évolution du conservatisme

Fondée en 1974, la CPAC a évolué au fil du temps et de multiples influences. Le premier discours d’ouverture fut prononcé par Ronald Reagan. Celui qui marqua les esprits en présentant sa vision des États-Unis, la «Shining city upon a hill», peinerait fort probablement à embrasser les tendances actuelles.

Il faut savoir que si la CPAC a déjà rejeté vigoureusement l’alt-right et l’extrême droite, on ne lève désormais plus le nez sur les Steve Bannon de ce monde. Tout comme le Parti républicain, ce regroupement est désormais gangrené par le trumpisme et ses adeptes.

Si le contexte politique américain vous intéresse, je vous invite à suivre la prochaine rencontre qui se déroule du 4 au 7 août. La liste des invités suffit pour prendre la mesure de l’évolution d’une vision du conservatisme.

Les participants pourront voir et entendre Donald Trump, Marjorie Taylor Greene, Ted Cruz, Sean Hannity, Glenn Beck, Jim Jordan, Lauren Boebert ou le gouverneur du Texas Greg Abbott. Pour peu que vous ayez suivi l’actualité de la dernière année, il n’y a pas de surprises dans cette liste de politiciens ou de membres des médias qui défrayent régulièrement la chronique.

Racisme sans frontières

Un autre nom devrait cependant piquer votre curiosité, celui du premier ministre hongrois Viktor Orbàn. Son pays a déjà accueilli la CPAC pour sa première réunion européenne et il veut ainsi contribuer à rassembler les forces conservatrices.

Le premier ministre ultraconservateur, que Le Monde a déjà qualifié en 2018 «d’oncle raciste de la Hongrie», est actuellement au cœur d’une controverse, une autre. Dans un discours prononcé samedi, il a affiché son mépris pour les «races mixtes» et rejeté les sociétés multiethniques.

Pour faire bonne mesure, Orbàn a également fait référence aux chambres à gaz de la Deuxième Guerre. Bien connu pour ses politiques anti-migrants, il vient donc de soulever l’indignation en Europe, se méritant au passage une condamnation sévère du Comité international d’Auschwitz qui associe son discours à la propagande nazie de Joseph Goebbels.

La CPAC et une portion non négligeable du Parti républicain en sont donc là en 2022. Aux suprémacistes locaux et aux bonimenteurs habituels, on sent le besoin d’ajouter une figure internationale, un bigot qui méprise la démocratie libérale.

La même chose se produirait ici, je serais inquiet. Pas vous? Je préfère encore dénoncer les excès de quelques wokes exaltés que de me colletailler avec l’extrême droite.

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