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Aide sociale: vivre avec moins de 1200 $ par mois, ça peut être l’enfer

L’inflation touche durement les 253 000 Québécois prestataires de l’aide sociale

Sylvain Caron
Photo Clara Loiseau Sylvain Caron, 63 ans, touche depuis un peu plus de 6 ans l’aide sociale, mais avec l’inflation qui grimpe comme jamais, il devient de plus en plus difficile pour lui de vivre dans de bonnes conditions, alors qu’il ne reçoit que 1120 $ par mois.

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Hausse du prix des aliments, des loyers ou du gaz: si l’inflation touche tous les ménages, elle rend la vie encore plus difficile à ceux qui touchent l’aide sociale et vivent avec moins de 1200 $ par mois.

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«On n’a pas le choix d’oublier de manger du bœuf. Pour manger de la viande, il faut que ce soit en spécial, donc, c’est souvent du porc ou du poulet. Le poisson, on oublie ça aussi et les légumes frais, ça dépend des prix, surtout en hiver», déplore Sylvain Caron, un résident de Rawdon, dans Lanaudière, qui reçoit 1120 $ par mois d’aide sociale.

Il fait partie des quelque 253 000 Québécois à être prestataires des programmes de l’aide sociale en 2022.

Entre le diabète, des problèmes de motricité et respiratoires, l’homme de 63 ans n’est pas en mesure de travailler depuis près de six ans.

«Là, ça fait environ un an que j’ai le statut de contrainte sévère à l’emploi», explique celui qui a œuvré toute sa vie dans des organismes communautaires et qui continue de faire du bénévolat.

Grâce à ce statut, M. Caron touche plus que le revenu de base de l’aide sociale, qui s’élève à 726 $ par mois. 

En 2022, un adulte seul ne peut recevoir qu’un maximum de 1138 $ dans le cadre du programme de Solidarité sociale, selon le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

«Même si je touche un peu plus que d’autres personnes assistées sociales, j’ai de la misère à finir le mois. Je ne sais pas comment font ceux qui reçoivent moins. Certains doivent clairement se priver de manger», se désole-t-il.

Loyers : gouffre financier

C’est surtout le prix sans cesse à la hausse des logements qui devient étouffant, soutient M. Caron.

«Nous autres, on ne peut pas se permettre de ne pas payer notre loyer, parce que si on a un mauvais dossier au Tribunal du logement, on peut se retrouver à la rue parce que plus aucun propriétaire ne voudra de nous», lâche-t-il.

Résultat : il reste de moins en moins d’argent pour se nourrir après le 1er du mois et le versement du loyer.

Épouvantable

Pour Serge Petitclerc, porte-parole de l’organisme Pour un Québec sans pauvreté, la situation de ces personnes est de plus en plus catastrophique.  

«Avant la pandémie et avant la crise inflationniste, les gens sur l’aide sociale n’avaient déjà pas le minimum requis pour satisfaire leurs besoins de base. C’est évident qu’en ce moment, ça devient épouvantable», laisse-t-il tomber.

Dans ce contexte, chaque sou compte et la tenue d’un budget très serré est de rigueur, ajoute Sylvain Caron. 

Chacune de ses dépenses est minutieusement rentrée dans une feuille de calcul.

«Heureusement, j’ai trouvé un colocataire qui m’aide à diviser certaines dépenses par deux, sinon il me resterait moins de 200 $ pour manger chaque mois. Là, j’essaie d’économiser pour m’acheter un déambulateur pour m’aider à me déplacer», explique-t-il.

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