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Beyrouth : deux ans après l'explosion

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Photo AFP Un hélicoptère tente d’éteindre de multiples incendies sur les lieux de l’explosion qui a touché le port de Beyrouth, le 4 août 2020.

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Un homme en fauteuil roulant parcourant les rues de Beyrouth ; une dame jouant du piano dans sa maison en ruine ; les restes des victimes rendues aux familles par morceaux ; une femme donnant naissance à la lumière des cellulaires de l’équipe médicale ; un homme repêché au volant de sa voiture, etc. Des histoires tragiques témoignant de l’horreur vécue par les Beyrouthins, et si bien romancées par Salam Chaya dans son livre Mourir d’aimer. 

Demain, les Québécois d’origine libanaise seront en deuil avec leurs compatriotes. Ils ne pourront pas s’empêcher de se souvenir du 4 août 2020 où une double explosion au port de Beyrouth aura mis l’estocade à ce pays qui peinait déjà à se relever de la crise économique. Ils auront tous été touchés par ces explosions, pourtant si loin du Québec. Certains auront perdu des proches, d’autres l’espoir en un retour de celui qu’on nommait alors jadis « la Suisse du Moyen-Orient ». 

Que t’est-il arrivé ? 

Quand je pense à ma grand-mère (paix à son âme), je me remémore ses histoires remplies du soleil libanais, cette douce chaleur, cette lumière se reflétant sur les cerisiers, les pommiers, les pêchers, les abricotiers, les oliviers. Les odeurs d’abondance, le rire de ceux qui sont nés dans une terre que Dieu a bénie. Là, où l’Orient rencontre l’Occident, un carrefour des religions. Là, où l’histoire a laissé sa marque, celle des Phéniciens, mais aussi des conquérants. 

Moi qui n’ai jamais connu le Liban de ma grand-mère, comme des millions de Libanais expatriés, je ne peux m’empêcher de constater sa déchéance progressive depuis la guerre civile de 1975 : instabilité politique, corruption endémique, pauvreté, disparité sociale, absence de l’État providence, etc. Il faut reconnaître aussi que les voisins ne sont pas de tout repos. On se souviendra de l’attaque israélienne de 2006 où une grande partie du pays a été détruite. 

Il n’en demeure pas moins que lorsque ta maison est un vrai foutoir, tu ne peux qu’en vouloir à toi-même. 

Un phénix épuisé ?

C’est Jean-Paul II qui comparera le Liban au phénix, celui qui renaît de ses cendres, symbolisant ainsi la résilience et la capacité de ce peuple à se relever des épreuves. Un message d’espérance, bien connu des Libanais. 

Pourtant, depuis la tragédie du port de Beyrouth, le phénix bat de l’aile. L’économie libanaise s’est effondrée, à un tel point que le vice-premier ministre libanais a déclaré qu’outre l’État, la Banque centrale du Liban est en faillite. 

Dans le quotidien, les Libanais n’ont plus qu’une heure d’électricité par jour. Ils doivent attendre près de 8 h devant les boulangeries. Les denrées alimentaires sont à des prix exorbitants et le salaire minimum est autour de 30 $ par mois. Et, comme un malheur ne vient pas sans un autre, le 31 juillet dernier, des silos de grains endommagés par les explosions de 2020 se sont effondrés à la suite d’un incendie. 

L’avenir nous dira si Jean-Paul II avait raison...

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