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Il n’y avait pas d’électricité ni d’eau courante dans la maison

ART-FESTIVAL-PETITE-VALLEE
Photo Alexya Crôteau-Grégoire Paul Daraîche à Petite-Vallée en Gaspésie, le mois dernier.

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Cette semaine, mon invité est Paul Daraîche, un chanteur, producteur et réalisateur québécois de musique country. 

Il a interprété des chansons avec les plus grands, de Ginette Reno à Charles Aznavour, sans oublier Hugues Aufray et plusieurs autres. À bien y penser, c’est toute une carrière pour un petit gars de Saint-François-de-Pabos, en Gaspésie.


Ok Paul, je vais t’écouter et te tutoyer. Paul, de quel endroit es-tu natif ?

Nous sommes neuf enfants natifs de Saint-François-de-Pabos, en Gaspésie, tout près de Chandler et nous vivions dans une maison de 20 pi sur 22 pi.


Il n’y avait pas d’électricité ni d’eau courante à la maison.

Ce luxe, je l’ai connu seulement une fois que nous avons déménagé à Montréal.


Parle-nous de tes parents.

Mon père, Daniel, était un pêcheur de homard et il travaillait aussi au moulin à Chandler. Papa travaillait très fort, car il voulait s’assurer que nous aurions de la nourriture sur la table. Souvent, je le conduisais à cheval jusqu’à ses autres emplois.


La musique était populaire à la maison.

Ma formidable mère, Marie-Rose Aubut, était toujours présente pour nous. Présentement, en te parlant, je l’entends jouer de l’harmonium ou de l’harmonica. Car c’est le son de sa musique qui résonnait dans la maison.


Tu chantais debout sur une chaise à l’âge de 6 ans

Mon père adorait chanter, et lorsque nous avions de la visite, il prenait une chaise et il m’invitait à chanter debout sur la chaise.


Décris-nous ta maison pour neuf enfants et deux adultes.

Au premier étage se déroulait la vie familiale sans oublier que nous avions seulement des lampes à l’huile pour nous éclairer. Au deuxième étage étaient les chambres pour les enfants. C’est-à-dire des chambres séparées par des rideaux avec les gars d’un côté et les filles de l’autre.


As-tu fait du sport dans ta jeunesse ?

En réalité, la musique a envahi ma vie, surtout lorsque j’ai eu comme cadeau une guitare. Nous n’avions pas assez d’argent pour que je puisse jouer au hockey, et, d’ailleurs, je me souviens que je portais des patins blancs de fille pour aller à la patinoire.


Le pont Jacques-Cartier, c’était la porte au paradis.

J’ai à peine 8 ans et, pour la première fois de ma vie, je vois un endroit éclairé par l’électricité. Une fois arrivés à la maison dans le quartier Villeray, nous vivions la beauté de l’électricité qui nous permettait de mieux nous voir. Les rues Mont-Royal et Sainte-Catherine étaient tellement éclairées que je me croyais à Las Vegas.


Tes premiers emplois à Montréal.

Je travaillais chez Eagle Toys et ensuite, comme tailleur pour le linge d’enfants.


Tu te promenais en patins à roulettes.

Je partais de chez nous, coin Saint-Hubert et De Castelnau jusqu’à Marie-Anne et Saint-André. Laisse-moi te faire rire. Ma première voiture était une Volkswagen Beetle dont le plancher était tellement percé que nous voyions l’asphalte sur laquelle nous roulions.


Tu n’as jamais terminé ta première tournée de spectacles.

(Avec un grand rire.) Ma première tournée s’est amorcée à mes 17 ans et elle se poursuit toujours. 


C’est le grand départ pour l’Abitibi.

Je m’étais joint au groupe les Loups blancs alors qu’on se produisait pendant un an à La Sarre sans être payés.


Un an pas de salaire !

Je m’explique. Je croyais que nous avions un contrat, mais il n’en existait pas, c’était plutôt une tournée qui s’amorçait sur la ferme de la blonde de l’un des membres, mais toujours sans contrat de musique.


J’attends toujours le montant de ton salaire.

Après une journée à travailler sur la ferme, faire le train et s’occuper de 75 vaches, nous avons accepté l’offre du restaurateur.


C’est-à-dire ?

Le samedi et le dimanche, nous chantions à son restaurant. En retour, nous étions logés et nourris chez sa mère gratuitement. Pas de salaire en tant que tel, mais à l’occasion, le propriétaire nous donnait de l’argent sans que sa mère le sache.


Tu as travaillé avec ta sœur Julie.

Ma sœur vendant plus de 50 000 tracks en quatre occasions de sa nouvelle chanson, je me suis joint à elle afin de faire des arrangements musicaux lors du lancement de sa troisième chanson.


La musique country a vécu à travers tous les temps.

Malheureusement, les dénigreurs de la musique country ne se sont jamais aperçus de cette réalité. La musique country est encore aujourd’hui le plus gros vendeur.


Tu as participé souvent à l’émission Jeunesse d’aujourd’hui.

Nous étions parmi les 10 vendeurs les plus populaires, ce qui nous a permis de passer à plusieurs occasions à l’émission Jeunesse d’aujourd’hui.


Je veux me limiter à ta jeunesse, mais peux-tu me parler de ta rencontre avec Charles Aznavour ?

Je l’ai rencontré pour l’inviter à chanter en duo avec moi. Imaginez-vous le gars de la Gaspésie qui lui fait une telle demande. Un moment donné, je lui ai montré les partitions de sa musique d’il y a plus de 50 ans que j’avais utilisées pour étudier. Il m’a fait un grand sourire avant d’accepter.


Un moment rempli d’émotion.

Il y a plus de 50 ans, j’avais rencontré pour la seule fois de ma vie Robert Charlebois à La Sarre lorsqu’il présentait son spectacle L’Osstidcho. Dernièrement, son fils Jérôme m’a demandé d’interpréter la chanson Ordinaire dans le cadre d’une soirée hommage à Robert. J’étais tellement ému sur la scène et encore plus lorsque Robert s’est approché de moi pour me remercier de la belle interprétation de sa chanson.


Tu crains de voyager en avion.

Oui ! J’ai quatre enfants et six petits-enfants... et un septième bientôt. Quel plaisir de chanter avec eux ! Cependant, ils voyagent en avion, tandis que moi et mon amour, en voiture, ce qui comprend 2000 km par semaine.


Ta conjointe est une merveilleuse femme.

Cela fait 33 ans que je partage ma vie avec Johanne Dubois. Son amour pour moi et nos enfants est phénoménal. D’ailleurs, mon amour pour elle l’est aussi.

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