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Trump et l’arsenal de la démocratie

Trump et l’arsenal de la démocratie
AFP

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À l’origine, je prévoyais un texte sur l’heureuse séquence de Joe Biden. C’était avant la visite historique du FBI à Mar-a-Lago.

Pour les férus d’histoire, la référence à l’arsenal de la démocratie dans le titre rappelle peut-être une allocution radiophonique de Franklin Delano Roosevelt. En 1940, FDR emprunte l’expression pour souligner l’importante contribution de la machine industrielle américaine à l’effort de guerre des Alliés.

En 1940, FDR met également ses concitoyens en garde contre la menace que représente le fascisme. 

La menace intérieure

J’ai repensé à cette formule en apprenant que le FBI avait procédé à une importante saisie chez Donald Trump. Pourquoi? Parce qu’il faut continuer à protéger la démocratie américaine, mais que cette fois la menace provient cette fois de l’intérieur.

Trump et l’arsenal de la démocratie
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Le 45e président a quitté la Maison-Blanche en apportant «par erreur» une quinzaine de boîtes contenant des documents liés à son administration, plusieurs classés secret défense. En vertu du Presidential Records Act de 1978, il a agi en toute illégalité.

La loi de 1978 comporte cependant quelques zones d’ombre et on imagine difficilement que Trump puisse être sanctionné pour cette seule faute. En cette matière comme en tant d’autres, le 45e président n’est pas le premier à susciter la controverse. Les Reagan, Clinton et Bush fils ont tous plus ou moins contourné la loi. 

Ce qui distingue l’administration Trump, c’est qu’elle ne s’est pas contentée de jouer avec la loi, elle l’a défiée sciemment après des mises en garde. Outre cette autre manifestation de mépris, le contexte entourant la faute n’est pas banal. 

Trump est le premier président à avoir encouragé une insurrection. La chambre des représentants et le département de la Justice enquêtent sur ses proches et sur lui. N’oublions pas les autres enquêtes et procès impliquant l’ancienne vedette de téléréalité.

On se garde une gêne?

La réaction de la majorité des élus républicains à la suite de la saisie est choquante. On est allé bien au-delà du soutien partisan habituel. On a fait fi de l’autorisation d’un juge et nous en savons encore bien peu sur les motifs. Kevin McCarthy a même menacé le procureur général!

Lorsqu’un juge appuie une telle démarche, c’est habituellement qu’on croit qu’il y a eu crime. Avant de crier au complot ou d’évoquer l’État profond, rappelons-nous que l’administration Trump, puisant allègrement dans la fange, a produit un nombre considérable de malfrats dont le dernier condamné est le sinistre Alex Jones, le roi de la désinformation.

Fort heureusement, l’État de droit semble être encore en mesure d’effectuer son travail. Non seulement six proches de Trump se sont retrouvés derrière les barreaux, mais Alex Jones vient d’être coincé.

Espérons maintenant qu’on laisse les tribunaux et le FBI, la même agence qui a enquêté sur les courriels d’Hillary Clinton en pleine campagne électorale, effectuer leur travail jusqu’au bout. Ils constituent des pièces importantes de ce nouvel arsenal de la démocratie.

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