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Assassinée en pleine nuit par son fils, sa bonté lui aura été fatale

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Une jeune femme, dont la mère a été assassinée pendant son sommeil, veut mettre en garde ceux qui s’occupent de leurs enfants ayant des problèmes de santé mentale et les avertir qu’ils courent un risque bien réel s’ils ne demandent pas d’aide.

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«Ma mère ne s’ouvrait pas beaucoup, elle gardait tout pour elle. Quand j’ai vidé la maison, j’ai trouvé des rapports psychiatriques et j’ai appris plein de choses. Depuis 2017, mon frère disait que ma mère était le problème et qu’il allait la tuer. Avoir su, on aurait insisté davantage», laisse tomber Mélissa Blais.

La bonté de Violaine Gagnon lui aura été fatale. La résidente de Baie-Saint-Paul hébergeait son fils, Jean-Philippe Blais, lorsque celui-ci l’a assommée avec une poêle en fonte, le 3 août 2019.

Les policiers ont découvert la dame dans une mare de sang des heures plus tard, après qu’un collègue de travail se fut inquiété de son absence.

«C’est un de nos amis de Vancouver qui nous a envoyé le lien de TVA sur Facebook en disant: “J’espère que ce n’est pas ce que je pense”», relate le conjoint de Mélissa Blais, Janick Turcotte.

Pour le couple, il n’y avait pas de doute que Jean-Philippe était derrière cela, même s’il n’avait pas encore été arrêté. Les policiers lui ont mis la main au collet 24 heures plus tard, à Québec. 

Jean-Philippe lors de son arrestation à Québec en août 2019.
Photo d'archives, Catherine Bouchard
Jean-Philippe lors de son arrestation à Québec en août 2019.

Mélissa Blais savait que son frère était malade et qu’il avait des idées délirantes. «On lui disait d’aller consulter, mais il ne voulait pas. Pour lui, c’était vrai ce qu’il y avait dans sa tête», dit-elle.

Rongé par la drogue

La jeune femme soutient que les problèmes de Jean-Philippe coïncident avec sa consommation de drogues. «Il est allé travailler dans l’Ouest et il a pris toutes sortes d’affaires. Quand il est revenu [en 2016], parce que sa mère lui a coupé les vivres, il était rongé», continue Janick Turcotte. 

Puis il a commencé à se désorganiser. Jean-Philippe faisait des folies en voiture, il se promenait avec un couteau de pêche et il pensait que ses proches allaient l’empoisonner, rapporte sa sœur.

Après chacune de ses trois hospitalisations en psychiatrie, sa mère le reprenait sous son aile, même s’il avait menacé de lui trancher la gorge. «Des fois, les parents ne voient pas le risque. C’est dur, mais il faut qu’ils se gardent une barrière», croit Mélissa Blais.

Son conjoint et elle ont appelé la police à de nombreuses reprises pour avoir de l’aide. «On ne faisait pas ça de gaieté de cœur, dit Janick Turcotte. Mon beau-frère était chez nous, en psychose, mais je réussissais à lui enlever son couteau. Il est malade, mais il est intelligent. Il se tenait les oreilles molles quand les policiers arrivaient alors ils ne repartaient pas avec [lui].»

«On voulait juste qu’il se fasse soigner et on avait l’impression de se faire mettre des bâtons dans les roues», ajoute M. Turcotte.

Accusé à haut risque

Après le meurtre, la Couronne a tenté de faire déclarer Jean-Philippe Blais accusé à haut risque, mais le juge Raymond W. Pronovost a refusé. Cela aurait permis de limiter les sorties du tueur jusqu’à ce qu’un autre juge en décide autrement.

«S’il l’avait eu [l’étiquette d’accusé à haut risque], on aurait au moins eu l’impression que la justice a eu son mot à dire. Là, on pourrait le croiser aux Galeries de la Capitale et ils vont me dire qu’ils assurent la sécurité du public», s’insurge Janick Turcotte. 

CE QUE LE JUGE A DIT

«En ce qui concerne la dangerosité, l’accusé ne se croit plus dangereux vu qu’il prend sa médication, ce qui le rend zen

«Comme l’a souligné le Dr [Sébastien] Proulx dans son témoignage, s’il n’y a pas de déclaration à haut risque, il se peut fort bien que l’accusé, dans les prochaines semaines, puisse sortir seul de l’hôpital. Ce serait prendre des risques, puisque l’accusé a des antécédents importants.»

«Il est vrai que les actes commis par l’accusé sont graves, d’une cruauté indescriptible. Mais, tenant compte de ses antécédents, on ne peut déclarer qu’il est dans la catégorie des accusés les plus dangereux pour lesquels cet article a été ajouté.»

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