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Longtemps associée à la guerre des motards, l'école Pierre-Dupuy aujourd'hui prisée par les profs

La réalité n’a plus rien à voir avec la réputation qui colle à cet établissement scolaire

GEN - PROJET ÉCOLE PIERRE-DUPUY
Photo Martin Alarie Valérie Lagrange, nouvelle directrice par intérim de l’école Pierre-Dupuy, avec des élèves de différents niveaux. De l’avant à l’arrière: Marah Al Shihadeh, Aya Al Shihadeh, Kelly Malette, Zahiya Al Shihadeh, Priscille Yakpey et Daya Noumédia Amraoui.

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En 2017, Le Journal faisait le portrait d’une dizaine de finissants d’une école mal aimée de Montréal. Nous avons documenté leur parcours pendant 5 ans.


L’école Pierre-Dupuy, longtemps associée à la guerre des motards, est maintenant un établissement tellement calme que les enseignants se croisent les doigts pour y obtenir un poste.

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«C’est incroyablement facile de recruter des profs à Pierre-Dupuy [...] Moi-même, j’avais peur de ne pas avoir ma permanence ici», relate Jean-Michel Picard, enseignant et délégué syndical. 

L’école et le quartier ont énormément changé depuis les années 1990 et 2000. À l’époque, l’établissement se situait en plein cœur des événements de la guerre des motards, ce qui lui a laissé une réputation tenace.  

Aujourd’hui, Pierre-Dupuy est en fait une petite école de moins de 350 élèves où tout le monde se connaît. Malgré cela, le nombre d’inscriptions d’élèves stagne. Et sa nouvelle directrice par intérim, Valérie Lagrange, a bien l’intention d’y remédier. 

GEN - PROJET ÉCOLE PIERRE-DUPUY
Photo Martin Alarie

«Je suis gaga de cette école», dit celle qui est en poste depuis mars dernier. «C’est une école lumineuse, avec peu de hiérarchie.»

Embourgeoisement

Elle mise notamment sur un nouveau quartier qui est en développement à quelques rues de là. Souvent, les gens qui viennent embourgeoiser un secteur aiment que tout soit à proximité, explique-t-elle. 

«On est dans un moment charnière [...] On n’a jamais vu autant de vélos partout, avec des petits marchés publics. Maintenant, il faut que les gens aillent au bout de cette approche [...] et choisissent une école où leurs enfants peuvent aller à pied.»

Mais si le quartier change, c’est aussi grâce à l’immigration, qui amène des familles qui, sans être fortunées, valorisent hautement l’éducation. 

C’est le cas des sœurs Al Shihadeh, originaires de Syrie. «Elles sont en récupération du matin au soir. Il faut que je les sorte», s’étonne Mme Lagrange. 

Quand Zahiya Al Shihadeh, est arrivée à Montréal en 2016, elle ne parlait pas un mot de français ni d’anglais. Aujourd’hui, elle vient de terminer sa 4e secondaire... en enrichi.

«Je suis tellement fière», avoue la jeune femme de 17 ans.

Exigeant

Daya Moumédia Amraoui, 14 ans, témoigne du fait qu’une école de quartier peut être exigeante et stimulante. Elle a choisi l’option Arobas, où les jeunes développent par exemple des jeux vidéo. 

«C’est beaucoup, beaucoup de travail», assure celle qui termine parfois ses travaux à 23 h pour arriver à tout conjuguer. 

«Ça prépare pour le cégep», abonde Zahiya Al Shihadeh. 

«Je sais ce que Pierre-Dupuy a à offrir [...] C’est impossible que d’ici quelques années, il n’y ait pas 500 élèves dans cette école», prédit la directrice.

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