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Un schisme au Parti conservateur?

POL-PC-DÉBAT-COURSE À LA CHEFFERIE-PARTI CONSERVATEUR DU CANADA
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

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C’est le dernier épouvantail dans la course à la direction du Parti conservateur. L’élection de Pierre Poilievre à la tête du parti mènerait à un schisme.

Le scénario se décline ainsi. 

Les partisans de Jean Charest, les perdants donc, ne pourraient plus se reconnaître dans ce conservatisme dénaturé par la colère populiste de leur adversaire.  

Le discours revanchard de Pierre Poilievre, son ton vindicatif, son flirt avec les conspirationnistes et ses délires sur le Forum économique mondial, les vaccins et le gouverneur de la Banque du Canada condamneraient le PCC au rang de l’Opposition face à un électorat canadien bien plus modéré que la base militante conservatrice. Les libéraux n’en feraient qu’une bouchée de pain.

L’aile plus centriste donc serait condamnée à claquer la porte, espérant forger une coalition susceptible de séduire l’importante tranche de l’électorat désabusée par la paresse et les échecs du gouvernement Trudeau. 

Comme dans tous les scénarios de politique-fiction, cependant, cette thèse du grand schisme fait abstraction de bien des réalités.

1987

La vertu de l’histoire, c’est qu’elle doit permettre d’en tirer des leçons. 

Avant de céder à la tentation du divorce plutôt que d’investir dans une réconciliation qui s’annonce aussi difficile que douloureuse, les conservateurs ne devraient pas perdre de vue leur propre passé.

La scission du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney, puis la formation du Parti réformiste ont condamné la droite canadienne pendant plus de 10 ans. Son vote divisé, elle a assuré les majorités successives aux libéraux de Jean Chrétien.

C’est sans compter la force de la marque libérale. Faut-il rappeler qu’elle a survécu à la première vague du scandale des commandites en 2004 et au black face de Justin Trudeau ?

Diviser à nouveau les conservateurs est la dernière chose à faire pour chasser celui-ci du pouvoir.

L’inconnu

Surtout, quoi qu’en disent les principaux protagonistes, la course à la direction du PCC aura surtout révélé à quel point l’affrontement en est un de style davantage que de substance.

Jean Charest et Pierre Poilievre sont contre la taxe sur le carbone. Tous deux veulent faciliter l’exportation des hydrocarbures, sévir contre les crimes perpétrés avec des armes à feu et élaborer un retour à l’équilibre budgétaire. 

Ajoutez l’immigration, une vision décentralisatrice de la fédération, les terrains d’entente sont possibles.

Mais il y a un grand inconnu. Quelle place ferait un chef Poilievre aux voix toutes plus radicales les unes que les autres qu’il a recrutées ?  

Avec plus de 300 000 nouveaux membres, s’est-il condamné à céder les clés du char conservateur aux extrémistes ? Ou, advenant une victoire, saura-t-il s’élever dans la fonction de chef de l’Opposition officielle, plutôt que de se complaire dans l’indignation qui plaît tant à ses partisans ?

Dans un cas comme dans l’autre, avant de claquer la porte, l’aile plus centriste ferait bien de s’organiser pour devenir un réel centre d’influence au sein du parti.

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