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Un vignoble qui porte fruit aux Îles-de-la-Madeleine

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Hélène Fauteux / AGENCE QMI

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Quatre ans après avoir mis en bouteille le premier vin rouge produit aux Îles-de-la-Madeleine, le vigneron-viticulteur Laurence-Olivier Brossard est enfin satisfait du degré de maturité de son nectar. 

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Il décrit ce rouge, baptisé Beausoleil, comme un bon vin de garde, avec sa robe poivre rose et son goût de raisin et de cerise.

«On l’a fait vieillir 10 mois en fût de chêne et il s’améliore d’année en année, se félicite M. Brossard. Éventuellement, avec le nouveau fût de chêne de l’Allier [département du centre de la France] que je vais bientôt recevoir – la crème de la crème des barils – il prendra aussi un goût d’amande grillée.»

Le Domaine des Salanges, une entreprise familiale, a commencé à prendre forme en 2004 lorsque, à l’instigation de son père André Brossard et encouragé par tous les siens, Laurence-Olivier a entrepris de défricher quatre hectares de forêt sur La Montagne, sur l’Île-du-Havre-Aubert. II a choisi un vallon à l’abri du vent, doté d’un sol rocailleux pour favoriser l’écoulement des eaux.

«Je veux manquer d’eau pour que la vigne aille plonger ses racines plus profondément dans la croûte d’argile riche en minéraux. C’est là qu’on peut parler de terroir. Le terroir, c’est le côté minéral du vin», nous enseigne-t-il.

Une année de formation en Bourgogne, en France, afin d’apprendre son nouveau métier, a mené M. Brossard à opter pour un cépage estonien, le baltica, pour son vignoble de bord de mer.

«C’est une vigne ultra hâtive, une des rares capables de venir à maturité aux Îles, où nous avons un mois de moins bonne température en degrés/chaleur accumulés, explique-t-il. On est sûrement un des vignobles qui a le moins d’heures d’ensoleillement au monde. On a 950 heures, comparativement à l’Europe, où on va chercher dans les 1200 heures pour faire venir à maturité un pinot noir, par exemple.»

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Hélène Fauteux / AGENCE QMI

Lorose

Contre toute attente, le vigneron madelinot s’est rendu compte que le baltica est davantage propice à la fabrication de vin rosé, une filière qu’il a aussi décidé d’exploiter avec succès.

«Il a la peau rouge et la chair blanche, souligne-t-il. Ça fait que c’est pressé tout de suite et ça donne le rosé. C’est quand il est macéré avec la peau que ça donne le rouge. Et voir ce qui est profitable pour le vin, ce n’est pas de le contrôler et d’essayer de lui donner un goût. C’est plutôt de l’accompagner en fonction de son cépage. Et ce cépage est vraiment parfait pour le rosé. Avec ses super beaux arômes, on est vraiment sur le fruit, d’un sucre résiduel à son strict minimum.»

Rosé foncé aux arômes de pomme grenade et de melon d’eau, le Lorose est ainsi devenu le produit phare du Domaine des Salanges.

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Hélène Fauteux / AGENCE QMI

Une production plus diversifiée à l’horizon

Le Domaine des Salanges ne se limite pas qu’aux traditionnels rouges et rosés. Il mise aussi sur son Margoulette, un vin fortifié rouge. Un fortifié rosé est aussi en devenir.

«Avec le Margoulette, qui est un assemblage avec un brandy de 12 ans et un vieillissement additionnel de cinq ans, dont deux en fût de chêne à l’extérieur, on est vraiment sur un bel accord alcool/taux de sucre, affirme Laurence-Olivier Brossard. Tout comme pour le rosé, j’essaie de sucrer le moins possible mon fortifié.»

Le vigneron des Îles nous promet aussi un rosé pétillant, le Libelbulle, pour le futur. De plus, deux cépages de blanc, le solaris d’origine suédoise destiné à un autre mousseux, de même que le muscat de Bellechasse, dans la région de Québec, seront vinifiés en 2025-2027.

Des produits dérivés à même les résidus de vinification sont également envisagés, tel un sirop de raisin à base de moult de baltica et un apport de marc de raisin pressé, pour le développement d’une nouvelle boisson en collaboration avec la microbrasserie madelinienne À l’abri de la tempête.

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Les Îles, une terre promise pour le viticulteur Laurence-Olivier Brossard

«J’ai trouvé mon Vineland, ma terre promise», résume celui qui produit annuellement 320 bouteilles de rouge et près d’un millier de rosé, avec 7000 plants de baltica. Quant à ses 2000 plants de cépages blancs, il faudra patienter jusqu’à leur vinification pour connaitre l’ampleur de leur rendement.

«On ne nous trouvera jamais à la SAQ, prévient M. Brossard, parce qu’on n’a pas une assez grosse quantité pour fournir. Et j’ai envie que les gens puissent venir sur place pour découvrir ce petit bijou-là.»

D’ailleurs, le vigneron madelinot signale que l’été 2022 est marqué par l’ouverture officielle de la boutique du Domaine des Salanges et l’offre de visites guidées.

«Avec la production du vin, la vente en kiosque et les visites, ça peut devenir rentable! La seule limite, c’est de garder ça sain, artisanal, conclut Laurence-Olivier. Ici, tout est fait à la main. Et, avec une ou deux personnes qui travaillent à entretenir le vignoble, c’est une charge de travail impressionnante. C’est 10-12 heures par jour, six à sept jours par semaine, de la fonte des neiges aux vendanges du début octobre.»

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