/misc
Navigation

Merrick Garland c. Trump: le procureur général n’a plus le choix

Merrick Garland c. Trump: le procureur général n’a plus le choix
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Donald Trump a trituré les lois toute sa vie et il a pensé être en mesure de recourir à la même stratégie une fois entré à la Maison-Blanche. S’il a pu jouir d’une certaine immunité et de la complicité de meneurs influents de sa formation politique pour survivre à deux procédures de destitution largement méritées, il affronte maintenant son défi le plus important.

Vous connaissez les faits ainsi que la menace qui plane constamment sur Trump en raison des multiples causes devant les tribunaux. Même si on le dit plus nerveux et inquiet, on a malgré tout l’impression que c’est le procureur général Merrick Garland qui n’a pas la conscience nette et qui peine à trouver le sommeil.

Un procureur général sous pression

Que ce soit en raison de l’enquête de la commission de la chambre sur l’assaut du 6 janvier 2021, de celle du département de la Justice ou encore pour le feu vert accordé à la saisie du FBI à Mar-a-Lago, Merrick Garland a les mains pleines.

Prudent et expérimenté, il est bien loin d’être naïf et il sait mieux que personne que toute cette macédoine judiciaire se double d’un jeu politique explosif. Non seulement les républicains lui reprochent un biais, mais encore des éléments plus radicaux évoquent une guerre civile alors que d’autres chargent déjà des bureaux du FBI.

Peu importe la voie qu’empruntera Garland, il sait déjà qu’il est piégé et qu’à court terme il n’y a aucune issue gagnante. Pourtant, je ne vois qu’une alternative à cette crise sans précédent: accuser Donald Trump.

Quand on enquête déjà sur un président qui n’a pas hésité à encourager ses partisans à marcher sur le Capitole et qu’en parallèle on autorise le FBI à fouiller sa résidence, il faut aller jusqu’au bout et mettre toutes ses cartes sur la table.

S’inspirant du Prince de Machiavel, le philosophe et essayiste Ralph Waldo Emerson affirmait que «When you strike at a king, you must kill him». En autorisant la saisie, Garland a frappé le roi, il se doit maintenant de démontrer qu’il avait de bonnes raisons et qu’aucun doute ne subsiste quant à la nécessité de cette mesure extraordinaire.

Ne pas perdre la face

Même si on imagine la colère des partisans du 45e président en réaction à une éventuelle accusation, Merrick Garland risquera encore plus gros s’il recule.

Quelqu’un se souvient de James Comey et de son intervention pendant la campagne présidentielle de 2016? Hillary ne s’en est jamais relevée et la réputation de l’agence s’en est trouvée ternie.

Trump a enfreint la loi, mais le procureur général n’aurait autorisé une saisie que si la nature des documents ou les intentions de l’ancien président le justifiaient. Le moment de porter le coup fatal est venu. Il en va de la crédibilité du département de la Justice et de la préservation des institutions.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.