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Inflation et pénurie de main-d’œuvre: la santé mentale des entrepreneurs à risque

Inflation et pénurie de main-d’œuvre: la santé mentale des entrepreneurs à risque
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La santé mentale des patrons et des entrepreneurs est de plus en plus affectée par la menace d’une crise économique et la pénurie de main-d’œuvre, un phénomène qui semble avoir pris de l’ampleur après la pandémie de COVID-19.

Qu’il s’agisse de la hausse de l’inflation, des difficultés d’approvisionnement ou de la pénurie de personnel, les patrons d’entreprise ont de plus en plus de difficulté à prendre un pas de recul.

«Le gouvernement a arrêté d’aider les gens. Ils se ramassent face à eux-mêmes avec des dettes importantes et des taux d’intérêt qui montent», a expliqué le psychologue Paul Langevin.

Alors que la pénurie de main-d’œuvre hante les entrepreneurs depuis quelques années déjà, les récents facteurs économiques viennent ajouter à leur anxiété.

«Je ne sais pas combien de gens j’ai rencontrés qui m’ont dit qu’ils pensaient à tout vendre, car ils ne veulent plus gérer de monde et les enjeux de ressources humaines», a mentionné Marili B. Desrochers, présidente de Coefficient RH.

Patrick Massicotte, le propriétaire de Soluce, une entreprise de comptabilité, et président de Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, a aussi remarqué un changement dans l’esprit des entrepreneurs.

«J’ai l’impression que dans la dernière année, j’ai joué plus au psychologue qu’au comptable. Les entrepreneurs ont besoin d’écoute», a-t-il affirmé.

Selon le psychologue Paul Langevin, leur détresse pourrait s’apparenter à celle qu’ils ont connue il y a plus d’une trentaine d’années.

«On a vu ça il y a quelques années, lorsque les taux d’intérêt ont monté à 18 et 19%. On avait eu beaucoup de facteurs de stress, beaucoup de suicides, de pertes d’emplois, de fermetures de compagnie. Je pense qu’on est dans le même ordre», a affirmé le spécialiste de la santé mentale.

Le contexte économique actuel force aussi les entrepreneurs à reporter leurs projets. «Ceux qui pensaient à des projets d’investissements importants sont dans un mode "attendons de voir"», a ajouté Patrick Massicotte.

Tous ces enjeux sont loin de rendre les postes de direction attrayants. «Les gens nous disent qu’ils ne veulent pas occuper un poste de gestionnaire dans le futur pour ne pas faire comme leur patron et vivre des heures infinies sans avoir la possibilité de décrocher ou de se déconnecter», a lancé Mme Desrochers.

Québec prévoit que d’ici 2030, il y aura jusqu’à 1,4 million de postes vacants à pourvoir.

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