/news/education
Navigation

1400 profs à trouver: la pénurie d'enseignants encore pire que ne le prétend Québec

Coup d'oeil sur cet article

À une semaine de la rentrée, les directions d’école affirment que la pénurie d’enseignants s’est aggravée encore une fois cette année et qu’il manque en réalité deux fois plus de profs que ne l’affirme le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.  

• À lire aussi: Qualité de l'air dans les écoles: le spectre de la 8e vague vient assombrir la rentrée scolaire

• À lire aussi: Moozoom lève 5 M$ grâce à sa plateforme pour aider les élèves du primaire

«C’est alarmant», lance Carl Ouellet, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles (AQPDE).  

«Il n’y a pas beaucoup d’écoles où tous les postes sont comblés présentement, ajoute-t-il. Je pense que c’est pire que l’an passé. On est déjà rendu dans les plans B, C et D et l’année n’est même pas encore commencée.» 

Il manque dans la plupart des cas de 5 à 18% du personnel dans les écoles, indique M. Ouellet, selon des échos provenant de ses membres. 

Des directeurs en classe

Des directions d’école lui ont même indiqué qu’elles devront être en classe à la rentrée, devant un groupe d’élèves, parce qu’elles n’arrivent pas à recruter suffisamment d’enseignants. «On est rendu là», laisse tomber M. Ouellet. 

Dans les centres de services, les départements des ressources humaines manquent aussi d’employés pour recruter du personnel scolaire, ce qui crée un cercle vicieux, ajoute-t-il. 

Le son de cloche est le même du côté de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE). «D’année en année, il y a toujours une augmentation de la problématique et ce n’est pas différent cette année», affirme son président, Nicolas Prévost. 

La situation est encore plus critique au secondaire, où les enseignants en adaptation scolaire, auprès des élèves à besoins particuliers, sont particulièrement difficiles à recruter. 

Au primaire, les enseignants spécialistes en musique ou en anglais sont une perle rare, alors que le plus grand nombre de postes vacants se retrouvent dans les rangs du personnel de soutien, où on est à la recherche d’éducateurs spécialisés ou en service de garde. 

  • Écoutez l’entrevue d'Alexandre Dubé avec Nicolas Prévost, Président de la fédération québécoise des directions d’établissements d’enseignement sur QUB radio :

Deux fois plus d’enseignants à recruter

De son côté, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a indiqué jeudi que le réseau scolaire est toujours à la recherche de 700 enseignants à embaucher, à moins de deux semaines de la rentrée. Ce chiffre, en date du 15 août, est toutefois difficile à comparer avec les années précédentes puisque le ministère ne compilait pas ces données à pareille date avant. 

M. Roberge a toutefois voulu se faire rassurant. «C’est un chiffre à prendre avec des bémols et avec des pincettes parce que c’est sûr que ça va s’améliorer au cours des prochains jours», a déclaré au Journal le ministre, confiant qu’il y aura cette année un enseignant dans chaque classe à la rentrée. 

  • Écoutez l’entrevue d’Alexandre Dubé avec Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et député de Chambly pour la Coalition Avenir Québec, sur QUB radio: 

L’an dernier, au début septembre, 247 postes d’enseignants à temps plein n’avaient pas été comblés, selon le ministère de l’Éducation. 

Or les chiffres dévoilés par le ministre hier ne comprennent que les postes et les contrats à temps plein, a précisé par la suite son cabinet, alors que le réseau scolaire est aussi à la recherche de centaines d’enseignants pour combler des tâches à temps partiel (voir encadré). 

  • Écoutez l’entrevue de Marc-André Leclerc avec Patrick Rankine, enseignant, sur QUB radio: 

Le nombre d’enseignants à recruter présentement est donc «au moins deux fois plus élevé», si on y ajoute les contrats et postes à temps partiel vacants, affirment l’AQPDE et la FQDE.  

La Fédération des syndicats de l’enseignement conclut aussi que le portrait réel est «encore plus inquiétant» que les chiffres véhiculés par le ministre.  

À l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, on considère qu’il sera difficile de trouver un enseignant pour chaque classe à la rentrée.  

«Ce qu’on ne veut pas, ce sont des élèves qui se retrouvent avec des suppléants qui se succèdent en classe à la rentrée. On veut éviter ça à tout prix», affirme sa présidente, Kathleen Legault. 

Reste aussi à voir si les gens recrutés seront compétents. Le premier ministre, François Legault, a reconnu jeudi que le défi est grand.  

«Malheureusement encore à la rentrée, il va y avoir des personnes dans les classes qui n’ont pas toute la formation qu’ils devraient avoir, mais il faut prendre le temps de former les personnes», a-t-il affirmé, tout en insistant sur les mesures mises récemment en place pour attirer et retenir davantage d’enseignants dans le réseau scolaire. 

– Avec l’Agence QMI.

NOMBRE D’ENSEIGNANTS RECHERCHÉS DANS LE RÉSEAU SCOLAIRE: QUELQUES EXEMPLES

  • Beauce-Etchemin
    Postes à temps plein: aucun
    Postes ou contrats à temps partiel: une centaine
  • Pointe-de-l’Île (Montréal)
    Postes ou contrats à temps plein: 39
    Postes ou contrats à temps partiel: 43
  • Marguerite-Bourgeoys
    Postes ou contrats à temps plein: 28
    Postes ou contrats à temps partiel: 74
Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous partager à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.