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Des citoyens ne veulent pas que le sud du Québec se transforme «en mine à ciel ouvert»

mine à ciel ouvert de graphite
Tirée: web Coalition Mine Une mine de graphite à ciel ouvert, la plus grande en Amérique du Nord, pourrait s’implanter à quelques kilomètres de Saint-Michel-des-Saints, entre Lanaudière et le parc du Mont-Tremblant.

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Une coalition d’organismes et de citoyens inquiets presse Québec de stopper immédiatement l’octroi de permis d’exploration de gisements de graphite et de lithium dans le sud du Québec, qui a explosé dans les 18 derniers mois.​ 

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«Il y a actuellement un véritable boom minier qui pourrait transformer le sud du Québec en mines à ciel ouvert, la région de Mont-Tremblant en particulier», lance Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation. Il fait partie de la coalition d’une dizaine d’organismes qui demande, dans une lettre envoyée jeudi au gouvernement, un moratoire sur ces octrois qu’ils jugent «chaotiques, sans planification et sans consultation citoyenne».

Comprendre la comorbidité

Depuis 2016, année d’une réforme de la réglementation sur les droits miniers, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) a octroyé 15 000 «titres miniers d’exploration», ou claims, dont 8400 dans les 18 derniers mois seulement (voir carte).

Le titulaire d’un claim a «le droit exclusif de chercher, pour une période de deux ans, sur le terrain qui en fait l’objet, toutes les substances minérales qui font partie du domaine de l’État» à quelques exceptions près, peut-on lire sur le site du MERN. Les gisements de graphite et de lithium sont prisés pour la fabrication de batteries pour autos électriques, mais d’autres métaux intéressent aussi les investisseurs (cobalt, titane, niobium). 

Tous les claims ne deviendront pas des mines, mais des opérations d’exploration peuvent voir le jour à n’importe quel moment. Plusieurs sont déjà en activité. 

Moratoire

«Nous ne sommes pas opposés au développement minier, mais souhaitons plus de consultations avec la population. C’est pourquoi nous exigeons un moratoire sur l’octroi de droits miniers», explique Ugo Lapointe, fondateur de l’organisme Pour que le Québec ait meilleure MINE.

Ugo Lapointe, porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine.
PHOTO CDM/ELAINE NICOLAS/L'ÉCHO DU NORD ET LE MIRABEL /AGEMCE QMI
Ugo Lapointe, porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine.

Il déplore que le gouvernement permette à l’industrie d’explorer le sous-sol à deux pas de parcs nationaux comme celui du Mont-Tremblant. Des projets de prospection sont même autorisés dans la réserve faunique de La Vérendrye, où les amoureux du canot-camping convergent.

Marché en expansion

Il fait aussi valoir que le marché mondial est en pleine expansion et que le Québec possède d’impressionnants gisements sous terre. En raison de la facilité avec laquelle on peut obtenir un droit de prospection – une opération qui se fait en ligne et qui coûte quelques dizaines de dollars – des milliers d’autorisations ont été obtenues. 

«Ces droits sont octroyés sans consultation avec la population concernée», reprend M. St-Hilaire qui reproche au gouvernement du Québec d’avoir maintenu beaucoup d’imprécisions quant à ses objectifs. 

«L’industrie minière, c’est le gros projet industriel de la Coalition Avenir Québec. L’équivalent de la Baie-James de Robert Bourassa. Mais la population est tenue à l’écart», déplore-t-il

Vendre maintenant?

«Des citoyens entendent le bruit des foreuses et camions tout près de leur propriété et se demandent s’ils doivent vendre avant que sa valeur chute», explique au Journal David Pharand, le maire de Duhamel, dans l’Outaouais. 

Lorsqu’ils s’adressent au MERN, ils reçoivent des réponses qui ne les convainquent pas. «Le gouvernement nous dit qu’à peine 1% des claims deviennent des mines et que les projets n’iront pas de l’avant sans acceptabilité sociale. Or, je peux vous dire qu’ici il n’y a aucune acceptabilité sociale!»

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