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Le pape n'enquêtera pas sur le cardinal Marc Ouellet

La décision du Vatican à l’égard du cardinal Marc Ouellet indigne des représentants de victimes de l’Église

Le pape François et le cardinal Marc Ouellet au Vatican en février dernier.
Photo d'archives, AFP Le pape François et le cardinal Marc Ouellet au Vatican en février dernier.

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Éclaboussé par des allégations d’agressions sexuelles, l’influent cardinal québécois Marc Ouellet ne fera l’objet d’aucune nouvelle enquête du Vatican, ce qui indigne des représentants de victimes de religieux.

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Le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, en a fait l’annonce jeudi dans un bref communiqué.

« Le pape François déclare qu’il n’y a pas d’éléments suffisants pour ouvrir une enquête canonique [religieuse, NDLR] pour agression sexuelle de la part du cardinal Ouellet contre la personne F. », a-t-il fait savoir.

« F. » est cette ancienne stagiaire du diocèse de Québec, dont l’identité est protégée, qui reproche à Marc Ouellet de l’avoir embrassée, de lui avoir caressé le dos « jusqu’à ses fesses » et d’avoir eu des commentaires déplacés à son endroit, au point où elle s’est sentie « pourchassée », lors d’événements de 2008 à 2010.

Mauvais message

« Je suis outrée, je suis découragée », a réagi Suzanne Tremblay, présidente de l’Association des jeunes victimes de l’Église, qui n’est pas impliquée dans ce dossier.

« Quel message ça envoie aux victimes ? Ça dit encore aux victimes “ce n’est pas grave ce qui s’est passé, arrêtez d’en faire un bateau. Continuez votre vie, on s’est excusés” », dénonce-t-elle, estimant que les actes ne suivent pas les paroles.

« Ça montre le vrai visage de l’Église catholique romaine », fulmine également Roger Lessard, qui a accompagné plusieurs victimes dans d’autres dossiers dans les dernières années.

« F. » est plaignante avec une centaine d’autres personnes dans le cadre d’une action collective contre le diocèse de Québec. Lors des faits allégués, elle était âgée de la vingtaine, alors que Mgr Ouellet était archevêque de Québec.

Le cardinal québécois, qui occupe aujourd’hui une des fonctions les plus importantes au Vatican comme préfet de la Congrégation pour les évêques, ne fait l’objet d’aucune accusation criminelle.

« Aucun motif »

C’est sur la base des éléments réunis par le père Jacques Servais que le pape François a décidé d’écarter une nouvelle enquête sur le cardinal Ouellet, selon Matteo Bruni. Le Saint-Père lui avait demandé de faire la lumière sur les événements après avoir reçu l’an dernier une lettre de la plaignante.

Or, « il n’y a aucun motif fondé pour ouvrir une enquête », a réitéré jeudi le père Servais dans le communiqué du Saint-Siège.

« Ni dans le rapport écrit [de F., NDLR] et envoyé au Saint-Père ni dans le témoignage via Zoom que j’ai recueilli par la suite en présence d’un membre du Comité diocésain ad hoc, cette personne n’a porté une accusation qui fournirait matière à une telle enquête », soutient-il.

Cette décision du pape François survient trois semaines après sa visite au Canada où il a notamment demandé pardon aux victimes d’abus sexuels commis par des membres de l’Église catholique.

L’avocat Alain Arsenault, qui pilote le recours collectif contre le diocèse de Québec, a prévenu que la position du Vatican n’aura aucun impact sur les procédures entamées devant la justice québécoise. « On va continuer comme si de rien n’était. »

Le diocèse de Québec n’a pas voulu commenter la déclaration du pape. L’agent de communication René Tessier a toutefois assuré que son organisation négocie « de bonne foi » et a « un désir réel de régler » concernant l’action collective dont elle est l’objet.

– Avec la collaboration de l’AFP et de Diane Tremblay

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