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Price: un cas similaire à Weber

Repêchage LNH 2022
Photo Martin Chevalier Depuis son arrivée avec le Canadien, Kent Hughes a fait preuve de transparence dans sa gestion des ressources.

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Kent Hughes n’a pas tenté de masquer la réalité. Carey Price ne jouera pas cette saison.  

Chez le Canadien, on emploie le conditionnel pour ne pas se compromettre, mais les événements de la journée viennent confirmer que l’état de santé du gardien ne lui permettra pas de renouer avec la compétition active.

A-t-il disputé son dernier match en carrière, c’est fort plausible.

Et, quand on dit que Kent Hughes a rapidement gagné le respect de ses homologues dans son nouveau rôle de directeur général, il a fourni la preuve, hier, qu’il est un décideur possédant plusieurs ressources, qu’il est rusé et que si une aubaine se présente, il va sauter sur l’occasion pour se manifester.

Hughes tend la main à Treliving

Brad Treliving avait besoin d’un partenaire d’affaires pour conclure une transaction importante pour les Flames de Calgary. Nazem Kadri venait de dire oui à une proposition de 49 M$ pour sept ans.

Treliving ne possédait pas le soutien technique et financier que recommande le plafond salarial. Il fallait qu’un de ses homologues lui tende la main.

Kent Hughes, sachant qu’il bénéficiait d’un coussin de 10 M$ à la suite du dénouement dans l’affaire Price, n’a pas tardé à embarquer dans les négociations. Pourquoi pas profiter d’une situation où les risques ne sont pas énormes, mais où les chances de faire des gains inattendus se présentent sur son bureau ?

Un bon coup

Le décideur du Tricolore n’a pas raté l’opportunité d’obtenir un choix de premier tour, selon quelques conditions, en retour de... rien. Il n’a pas à céder un joueur de la formation régulière, il n’a pas à céder un choix de repêchage, il n’a pas à expédier à Calgary un joueur prometteur.

Rien du tout.

Il a fait un prêt déguisé avec, évidemment, des garanties exigées par -Treliving, notamment de soulager une dette de 6,315 M$ pour un an que représente Sean Monahan.

Pourquoi pas ?

D’ici la date limite des transactions, Hughes aura l’occasion d’échanger l’ex-joueur des Flames tout en cherchant à libérer sa masse salariale de contrats ne correspondant pas du tout à la réalité du marché.

Un joueur hypothéqué

Dans le cas de Monahan, il ne faut pas s’emballer.

Tout d’abord, il n’est plus un marqueur de 34 buts, performance qui lui avait permis d’obtenir une entente de sept ans des Flames de Calgary à raison de 6,375 M$ par saison.

S’il avait été le même joueur, ce patineur créatif, ou encore s’il avait démontré au cours des deux dernières saisons qu’il avait retrouvé tous ses attributs, les Flames n’auraient pas eu à embaucher Kadri.

L’histoire de Monahan est la suivante : deux interventions chirurgicales aux hanches, de joueur de premier trio à réserviste, voilà le bilan des deux dernières saisons.  

Peut-il redevenir ce joueur talentueux, recruté au sixième rang du repêchage amateur ? On verra bien, mais c’est le dernier des soucis de Jeff Gorton et de Kent Hughes.

Le plus important, c’est de respecter le modèle d’affaires comportant entre autres un chapitre sur la gestion de la masse salariale. 

Or, on a appliqué des règles sévères jusqu’à maintenant. Ont quitté Jeff Petry, Tyler Toffoli, Ben Chiarot, Artturi Lehkonen, Alexander Romanov, Shea Weber...

Voilà maintenant que Price s’ajoute à la liste. Peut-être pas dans les mêmes conditions que ceux qui ont quitté, à l’exception de Shea Weber, et qui sait si Price ne passera pas par le même processus que le défenseur, l’été prochain, mais il n’en demeure pas moins qu’une étape importante du modèle d’affaires se matérialise.

Hughes a maintenant plus de latitude pour s’attaquer au dossier des joueurs touchant des salaires dépassant la logique.

Car le portrait des effectifs pour la prochaine saison devient plus clair avec la nouvelle que Price ratera ou raterait la prochaine saison. On embarque dans une année particulière et on ne précipitera pas les programmes dans le but d’avoir une relance précipitée de l’entreprise. Pourquoi ne pas profiter des opportunités qui s’offriront au cours du calendrier afin d’améliorer son choix de sélection l’été prochain ?

Le Canadien ne participera pas aux séries éliminatoires à moins d’un miracle.  

Par conséquent, une gestion saine de la masse salariale, un programme de développement permettant aux jeunes joueurs prometteurs de l’organisation d’acquérir plus d’expérience, offrir aux vétérans plus de responsabilités, et s’assurer que la culture de l’organisation se manifestera à travers le leadership des meilleurs effectifs, ce sont les objectifs à atteindre.

Pour l’instant, les décideurs ont fait preuve de transparence.

Treliving a travaillé fort

On ne pourra accuser Brad Treliving d’avoir chômé après avoir été surpris par la décision de Johnny Gaudreau. Qui avait prévu que l’ailier américain opterait pour une formation comme les Blue Jackets de Columbus pour un salaire moindre que celui que lui proposaient les Flames ?

Treliving a rapidement répondu aux critiques.

Tout d’abord, il a concocté une transaction avec les Panthers de la Floride, qui ne semblaient pas intéressés à offrir un contrat faramineux à Jonathan Huberdeau, attirant le brillant passeur à Calgary et laissant filer Matthew Tkachuk qui n’avait plus aucun intérêt à demeurer en Alberta.

Puis, hier, il a finalement gagné le derby Nazem Kadri, battant au fil d’arrivée les Islanders de New York.

Gaudreau et Tkachuk sont partis et Huberdeau, Kadri et Mackenzie Weeger endosseront l’uniforme des Flames.

Au change, a-t-il une meilleure formation que l’an dernier ? On l’ignore, mais il possède une équipe capable de compétitionner au même niveau que les meilleures formations de la Ligue nationale.

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