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Québec 2022: comment relancer le réseau de la santé?

Des débats fondamentaux s’annoncent pour améliorer l’accès aux soins

STOCKQMI-SANTÉ
Photo d'archives, Agence QMI Les cinq principaux partis en lice aux prochaines élections ont déjà fait connaître leurs principales solu­tions pour améliorer l’accès aux soins de santé.

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Les travailleurs de la santé sont exténués après deux années de pandémie, et la nécessaire modernisation du réseau est loin d’être terminée. Mais les cinq principaux partis proposent des approches très différentes pour relancer ce mammouth qui bouffe plus de 40% du budget de l’État. 

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«Si, en ce moment, il n’y a pas de volonté de faire des réformes dans le système de santé, il n’y en aura jamais. Ça devrait être un des enjeux les plus importants de l’élection», lance Olivier Jacques, professeur adjoint à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.  

Déjà, année après année, la santé arrive en tête de liste des préoccupations des Québécois. Normal, ce poste de dépenses accapare la plus grande partie de nos impôts, et les défis iront en grandissant avec le vieillissement de la population. Mais cette fois, les ravages de la COVID-19 ont mis en lumière les lacunes du réseau. 

Chacun sa solution 

Étant donné l’importance de l’enjeu, les cinq partis en lice ont déjà fait connaître leurs principales solutions pour améliorer l’accès aux soins.  

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dévoilé au printemps un plan en 50 points inspiré des lacunes observées dans le réseau depuis son arrivée. L’élément clé est la mise en place d’un guichet d’accès à la première ligne où les patients devront appeler pour être dirigés vers le professionnel de la santé approprié (médecin, infirmière, pharmacien, etc.). Exit, donc, le tout-au-médecin qui caractérise l’approche québécoise depuis des décennies.  

Le premier ministre, François Legault, promet également de profiter de l’échéance de l’entente avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, en 2023, afin de négocier un meilleur accès pour les patients. 

On est toutefois loin d’un médecin pour tous, comme François Legault s’y était engagé. 

«Les partis d’opposition ne vont pas laisser la CAQ s’en sortir avec leur promesse rompue. Maintenant, on promet que tout le monde aura accès à un rendez-vous, mais pas nécessairement à un médecin, ce qui est quand même assez différent», souligne Olivier Jacques.  

De fait, malgré l’échec de la CAQ, les libéraux de Dominique Anglade promettent d’aller de l’avant pour offrir un médecin à tous les Québécois. 

Plus de public ou de privé? 

De son côté, Québec solidaire tire la sonnette d’alarme depuis des années au sujet des agences de placement privées. Dans son Plan respect présenté l’automne dernier, la formation propose de sevrer graduellement l’État de ce recours aux infirmières prêtées par les agences, en plus de créer des ratios maximums de patients par professionnel.  

Le Parti Québécois, lui, veut investir 7 milliards $ (dont 6 milliards $ rapatriés d’Ottawa) afin de bonifier les services de proximité par des cliniques, les soins à domicile et les organismes communautaires.  

À l’opposé, les troupes d’Éric Duhaime proposent de faire une plus grande place au privé en permettant notamment aux Québécois de souscrire une assurance maladie autre que celle de la carte-soleil. 

Répercussions possibles

Encore là, l’électrochoc de la pandémie pourrait amener une plus grande ouverture au privé, croit M. Jacques. En Ontario, le débat est déjà commencé. «Je pense que plusieurs personnes vont être attirées par un discours qui est plutôt en faveur de la privatisation [...]», dit le professeur, alors qu’une autre tranche de la population optera pour injecter plus de fonds dans le système. 

L’issue du débat aura des répercussions pendant de nombreuses années. 

UN RÉSEAU MIS À MAL 

Plus de 21 000
Nombre de patients qui attendent une chirurgie depuis plus d’un an 

77%
des Québécois ont un médecin de famille, alors que la cible est de 85% 

17 heures
Durée moyenne du séjour sur civière à l’urgence 

44,5 jours
Attente pour obtenir une évaluation de la DPJ 

21 000
personnes attendent des services en santé mentale 

4160
Nombre de personnes en attente d’une place en CHSLD 

* Chacun des indicateurs ci-dessus est à la hausse ou excède la cible du gouvernement.

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