/misc
Navigation

«Mes parents m’ont encouragée à persévérer dans la vie»

Un entretien avec Kim St-Pierre

Kim St-Pierre
Photo courtoisie Kim St-Pierre avec ses médailles olympiques.

Coup d'oeil sur cet article

J’ai eu le plaisir de faire l’entrevue avec Kim St-Pierre, gardienne de but et médaillée olympique, entre deux matchs et pratiques de baseball de ses fils. Avec son père, André St-Pierre, qui a été policier à la SQ, sa mère, Louise Vallières, enseignante, ses frères, Yan et Karl, elle a vécu à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Châteauguay.

Elle a dû surmonter des embûches qui l’attendaient, surtout chez nous, au Québec. Elle n’était pas assez bonne pour jouer avec l’équipe du Québec, mais assez talentueuse pour jouer avec l’équipe canadienne. Chaque fois qu’Équipe Québec l’a retranchée, ses parents lui ont expliqué l’importance de persévérer dans la vie, car il y aurait toujours des obstacles à surmonter.


Tu as découvert le patinage artistique.

Je pratiquais beaucoup de sports, dont le soccer, le baseball, le volleyball, la balle molle et le patinage artistique, avant de me joindre à la formation de hockey de Saint-Jean Atome BB masculin.


Toute jeune, tu as exprimé ta passion pour les Jeux olympiques.

J’avais près de 6 ans, lorsque j’ai déclaré à la télévision communautaire, sans aucune hésitation : « Je veux participer dans tous les sports sauf le hockey ».


 Pourquoi as-tu choisi de jouer au hockey ?

Nous avions une patinoire dans notre cour, qui était entretenue par mon père. Nos amis jouaient régulièrement au hockey sur notre patinoire extérieure et je me joignais à eux.


La réaction de tes parents quand tu as décidé de jouer au hockey ?

Leur message était simple : amuse-toi et assure-toi de bien réussir à l’école. Ce n’était pas compliqué pour eux, jusqu’au jour où j’ai décidé de jouer comme gardienne de but.


Pour seulement une pratique, m’avait avisée ma mère.

Je l’ai convaincue de me permettre de jouer un match à ce poste, mais ce fut un désastre, car nous avons perdu le match 8 à 0.


Tu voulais tout lâcher.

Mes parents m’ont fait comprendre qu’une défaite faisait partie de la vie. Maman me regarde en me disant avec tout l’amour qu’une mère peut donner à son enfant : « J’aimerais que pour le prochain match, tu reprennes ton poste devant les filets ». Ce fut le début de ma carrière vers les Jeux olympiques. 


Tu as fait partie des équipes masculines jusqu’au niveau Junior AA, à Châteauguay.

Mes coéquipiers et entraîneurs m’ont continuellement encouragée, même si parfois cela n’était pas toujours facile.


Tu as dû subir le langage abusif des parents.

Lorsque tu es jeune, tu comprends, mais tu n’acceptes pas nécessairement que ton adversaire tente de déranger ta concentration. Cependant, le langage abusif des parents des équipes adverses n’avait pas sa place.  


Tes idoles dans ta vie.

Je rêvais un jour de remplacer Patrick Roy avec le Canadien jusqu’au jour où j’ai vu Manon Rhéaume, gardienne de but de hockey sur glace avec l’équipe olympienne canadienne. À compter de ce jour, je désirais lui succéder aux Olympiques. 


Tu n’étais pas assez bonne pour les équipes du Québec, mais bonne pour les équipes canadiennes. 

Je ne faisais pas partie du programme féminin, mais je jouais pour des équipes masculines de niveau élite. Lors de quatre camps d’entraînement, je fus retranchée de l’équipe du Québec féminine. 


L’Université McGill a changé ta vie.

Un soir, après mon match avec le Junior AA de Châteauguay, Dan Madden, de l’Université McGill, voulait rencontrer mon père et moi.


Tu ne parlais pas la langue de Shakespeare.  

Je l’écoutais attentivement, mais je ne comprenais absolument rien. Heureusement que mon père m’accompagnait. À la fin de la rencontre, il m’a invitée à étudier et à jouer au hockey... féminin à l’Université McGill. 


Raconte-nous ta première session à l’Université McGill. 

Les cours, dont philosophie et biologie, sont en anglais. Je me suis mise à la recherche de coéquipières au sein de mon équipe qui parlaient français afin de m’aider.


Tu as déménagé en appartement lors de ta deuxième année à l’Université McGill. 

Je partageais l’appartement tout près de l’université avec Amy Doyle, qui tout comme moi était une gardienne de but. Cela m’a aidée énormément à apprendre l’anglais et elle, le français. Encore aujourd’hui, nous sommes de grandes amies.


Sur la patinoire avec ton père à 6 h 30.

Papa travaillait au centre-ville de Montréal et, fréquemment, nous étions tous les deux à l’aréna de l’université afin de pratiquer pour améliorer mon jeu. Quand j’étais plus jeune, nous jouions avec une balle et plus tard, il me lançait des rondelles à 6 h 30 avant que j’assiste à mes cours. 


Ton rêve commence à se réaliser.

À 19 ans, je me suis jointe à la formation canadienne et j’ai participé à deux championnats du monde, avant de remporter une médaille d’or olympique que j’ai gagnée grâce au travail de mes parents avec moi. 


Tu as deux magnifiques garçons.

Liam et Ayden sont encore à l’école primaire, je suis tellement choyée et ils sont des passionnés du sport. Je tente de leur inculquer les mêmes principes que mes parents m’ont enseignés. 


Depuis plus de 20 ans, tu partages ta vie avec ton conjoint. 

J’ai rencontré Lenny Jo Goudreau à l’Université McGill. Depuis cette rencontre, c’est mon homme de confiance qui a toujours été présent pour m’appuyer dans mes moments difficiles. Je suis tellement heureuse d’avoir pu partager mes 20 dernières années et de partager les prochaines années de ma vie avec lui. 


Il fut un 24 juin que tu n’oublieras jamais ?

Je jouais au golf avec mes deux fils et mon conjoint. Pendant la ronde de golf, mon conjoint me dit que mon téléphone sonne sans répit et il aimerait que j’écoute les messages. 


Finalement, c’était quoi, les messages à répétition ? 

La ronde de golf s’est terminée. J’ai serré mes enfants et mon mari dans mes bras et rapidement, j’ai communiqué avec mes parents au téléphone.


SVP, Kim, le message.

Bonjour Kim.

Ici Lanny McDonald, je suis fier de t’annoncer que tu as été élue au Temple de la renommée du hockey.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.