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Une grossière erreur enfin corrigée

Laith Marouf, Patrimoine canadien
Capture d’écran tirée de Twitter

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Le fédéral a finalement coupé les ponts avec un consultant «antiraciste» qui tient des propos d’une rare violence envers les Juifs et les francophones.

C’était la moindre des choses. 

Traiter les francophones de «frogs» à répétition, insulter leur intelligence, qualifier les Juifs de «sacs à merde» devrait disqualifier qui que ce soit à donner des leçons de tolérance.

C’est pourtant ce pour quoi Laith Marouf (photo) a reçu des fonds publics dans le cadre du Programme d’action et de lutte contre le racisme du gouvernement fédéral. 

C’est d’une incohérence stupéfiante. 

Mais Patrimoine canadien n’a rien vu. 

Et le ministre fédéral de la Diversité et de l’Inclusion, Ahmed Hussen, souhaite semble-t-il davantage balayer tout cela sous le tapis que rendre des comptes. 

Responsabilité

M. Hussen veut nous faire croire que l’employeur de M. Marouf est le seul responsable de ce fiasco. 

«Nous demandons au Centre communautaire d’appui aux médias, un organisme qui se présente en tant que champion dans la lutte contre le racisme et la haine au Canada, de répondre sur la façon dont ils ont embauché Laith Marouf et sur la façon dont ils prévoient de rectifier la situation compte tenu de la nature de ses propos antisémites et xénophobes.» 

Pas un mot sur sa propre responsabilité. 

Au bureau du ministre Hussen, on m’a simplement répondu «qu’évidemment, le gouvernement peut toujours faire mieux».

Sa réaction n’a d’ailleurs pas semblé impressionner son collègue, le député montréalais Anthony Housefather. 

Il s’est dit «heureux» que le contrat de 130 000 $ ait été rompu. 

«Mais nous devons aussi nous assurer que le ministère du Patrimoine canadien accepte de rendre des comptes, a-t-il commenté sur Twitter. Nous avons besoin d’un examen approfondi pour empêcher que cela ne se reproduise».

Surprise ?

D’ailleurs, je ne connais pas par cœur la structure organisationnelle du Centre communautaire d’appui aux médias, mais Laith Marouf semble y jouer un rôle important. 

C’est sur sa boîte vocale qu’on tombe lorsqu’on tente de joindre l’organisme. 

C’est aussi lui qui avait annoncé au printemps dernier, au nom du CCAM, dans un communiqué conjoint avec le ministre Hussen lui-même, le lancement de la tournée pancanadienne de séminaires antiracistes. 

Tout cela après qu’il ait été banni de Twitter, l’an dernier, pour «conduite haineuse».

Quoi qu’en dise le ministre Hussen, Patrimoine canadien, de qui il relève, a lui aussi un examen à faire. 

Francophobie

Dans cette gestion très discutable de la controverse, je note aussi l’évacuation totale de la francophobie, en particulier, du discours du ministre Hussen.

On parle d’antisémitisme, de xénophobie. Soit, Laith Marouf a l’insulte facile. 

Or, on se demande, encore une fois, pourquoi il est si difficile de condamner la francophobie dans ce pays.

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