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Nous reste-t-il un peu de dignité?

Nous reste-t-il un peu de dignité?
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Un lecteur m’a mis au défi de dire ceci publiquement.

Pierre Elliott Trudeau a déjà déclaré que l’indépendance du Québec serait « un crime contre l’histoire du genre humain ».

Rien de moins.

Je me demande si un pire crime ne serait pas plutôt de laisser mourir un peuple à petit feu, de le laisser s’éteindre doucement, sans lever le petit doigt, en s’inventant des excuses.

Disparaître ?

Le Québec français est engagé sur une pente qui le conduit vers la folklorisation, puis la disparition.

Les chiffres sont brutaux.

Oh, bien sûr, pas sur 20 ans, ni même sur 50 ans, mais si nous n’agissons pas maintenant, la pente sera trop abrupte pour être remontée.

Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’il soit déjà trop tard.

À qui la faute ? Ultimement, c’est notre faute.

Pour être précis, c’est la faute de cette frange de notre peuple qui refuse de voir une réalité aussi implacablement démontrée que la rondeur de la Terre.

Nous blâmons les chefs des partis, mais qui décide de voter pour eux ou pas ? Nous.

On préfère, comme me le dit ce lecteur, voter pour des partis qui nous proposent l’équivalent linguistique de l’aide médicale à mourir.

On préfère se laisser mentir en pleine face par ceux qui nous disent : ne vous inquiétez pas.

On fait semblant de croire qu’à force de quémander à Ottawa, ça finira par l’attendrir. 

Combien de fois avons-nous joué dans ce navet indigne ?

Trouvez-moi un seul démographe, un seul, qui pense que les mesures contenues dans la loi 96 vont commencer à renverser la vapeur.

Et si un parti propose des mesures fortes, les seules susceptibles d’enrayer notre déclin, on s’invente des raisons pour lui tourner le dos.

Je suis sidéré, scandalisé par le degré d’inconscience ou d’à-plat-ventrisme de nos Elvis Gratton 2.0 quand vient le temps d’assumer leurs responsabilités.

Un lecteur me dit : le problème, c’est notre faible taux de natalité... comme s’il était réaliste d’espérer revenir aux familles nombreuses de jadis.

Un autre me dit : la langue est un problème montréalais, car chez moi, en région, tout est en français.

Imaginez la déconnexion radicale de quelqu’un qui ne comprend pas que, dans les sociétés occidentales avancées, le futur se construit dans les grands centres urbains. Désolé, mais c’est ainsi.

Tout, absolument tout pour refuser d’admettre l’impérieuse et urgente nécessité de mesures fortes, donc forcément contraignantes. 

Bernard Landry m’a dit jadis : aime ton peuple comme il est, avec ses qualités et ses défauts.

Justement, quand on aime quelqu’un pour vrai, on lui dit ses quatre vérités.

Les politiciens n’iront jamais plus loin que ce que nous exigerons d’eux, à l’exception d’un Camille Laurin jadis, dont le retour est fort peu probable.

Fierté

Un entraîneur de football peut bien aimer ses joueurs, mais pour tirer le maximum d’eux, il doit parfois hausser le ton.

Sur la question de la langue, je ne suis pas fier de plusieurs parmi nous. 

Voilà, c’est dit.

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