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Elle paye une remorque pour déplacer son matériel: tout un déménagement pour une enseignante

Les profs paient souvent du matériel de leur poche

Prof déménagement
Photo courtoisie Geneviève Caron avec tout le matériel acheté par elle-même qu’elle a accumulé en 17 ans de carrière comme enseignante.

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Une enseignante a dû recourir à une remorque de 30 pieds pour déménager son matériel vers sa nouvelle école, un exemple frappant de l’habitude qu’ont les professeurs de débourser de leur poche pour meubler leur classe.

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«J’ai regardé ça et je me suis jugée moi-même», avoue en riant Geneviève Caron, 43 ans. 

«Ça vient montrer tout le travail caché qu’on fait comme enseignant», dit celle qui enseigne en maternelle dans la région de Lanaudière. 

Cette année, elle commence dans une nouvelle école. Elle a donc déménagé lundi tous les meubles, jeux, décorations et autres fournitures qu’elle a accumulés en 17 ans de carrière, dont 10 passés à la même école. 

La remorque qui contient le tout.
Photo courtoisie
La remorque qui contient le tout.

Dans la remorque de 30 pieds, on pouvait trouver des boîtes remplies de vaisselle, de poupées, de ballons, du matériel sensoriel à manipuler pour que les petits apprennent à gérer leurs émotions, des chapeaux, des déguisements, des instruments de musique. 

Acheté avec son propre argent, et non avec le budget de l’école, tout cela lui appartient. 

«Je suis une adepte des ventes de garage [...]. Et une crackpot des albums de jeunesse.»

Combien estime-t-elle avoir dépensé au fil des ans pour sa classe? «Je n’ai pas d’idée... Des milliers de dollars», suppose-t-elle. 

Inflation

Le sujet, particulièrement pertinent en ces temps d’inflation, a fait l’objet de plusieurs reportages dans les dernières années. En 2018, Le Journal publiait un article rapportant le témoignage d’enseignants qui ont vu le coût de la vie augmenter sans que le budget alloué pour leur classe ne suive.

Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), en a vu, des enseignants «au grand cœur» qui déboursent de leur poche pour compenser.

«[En milieu défavorisé], il y a très peu d’enseignants qui n’ont pas des barres tendres et des collations avec eux» pour les donner aux élèves qui ont faim, illustre-t-elle.

La même logique s’applique pour les meubles, les livres et le matériel de classe, qui ont tendance à se dégrader rapidement sans pouvoir être remplacés par l’école, explique-t-elle.

Le ministère accorde une enveloppe fixe de 11 000$ pour meubler les toutes nouvelles classes, comme celles de maternelle 4 ans, estime-t-on à la FSE. Mais pour le reste, le budget de classe alloué chaque année varie d’un endroit à l’autre car il est à la discrétion de chaque école ou centre de services. 

«Nous savons que tout au long de l’année, les gens vont nous demander: qu’est-ce qui arrive avec le coût de la vie [et nos budgets de classe]?» prédit Mme Scalabrini.

Et ce n'est pas qu'une question de sou, mais aussi de flexibilité, ajoute Geneviève Caron, qui a souvent préféré payer elle-même plutôt que de se colletailler à la bureaucratie scolaire et aux délais pour obtenir un article dont un enfant avait rapidement besoin. 

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