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Mon père m’a appris à défendre mes convictions

Stéphan Bureau
Photo courtoisie, TVA L’animateur et journaliste Stéphan Bureau.

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C’était une rencontre assez unique et spéciale pour moi avec Stéphan Bureau, dont la maîtrise pour diriger des entretiens est phénoménale. Il a réalisé tellement d’entrevues avec de nombreuses grandes personnalités du monde, mais cette fois-ci, il nous parlera de sa jeunesse.

Son père, Robert, un idéaliste qui voulait changer le monde, lui a appris l’autocritique, tandis que sa mère, Christine, âgée de 81 ans et toujours autonome, lui a fait découvrir une passion en le sensibilisant au théâtre, à la musique, à la littérature et aux bandes dessinées.


Tu es natif de Montréal, mais tu as aussi vécu en France.

Je suis né dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce avant de déménager quelques semaines plus tard à Hull, où mon père a terminé sa maîtrise.


Tu as vécu par la suite pendant trois ans à Lyon, en France.

Cette fois-ci, mon père a complété son doctorat. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs précis, car j’avais 3 ans à mon arrivée et 6 ans lors de mon retour au Québec.


Tu as voyagé souvent en Europe.

Nous partions à la découverte de plusieurs pays européens. Toutefois, j’ai l’impression que c’étaient des années remplies de bonheur.


En 1968, tu es monté aux barricades à Paris avec tes parents.

J’étais tout jeune lorsque des étudiants sont descendus dans la rue pour protester, et ensuite les travailleurs se sont joints aux étudiants. Mon père a récupéré des parties de bombes lacrymogènes, que nous avons rapportées à la maison.


Tes parents étaient professeurs.

Mon défunt père, Robert, était professeur à l’Université de Montréal, tandis que ma mère a enseigné au primaire et au cégep. D’ailleurs, ma mère, Christine, est une pionnière pour les cours du secteur de la petite enfance au cégep.


Vous avez déménagé 75 fois.

Mes sœurs, Arianne et Marie-France, et moi avons déménagé assez souvent. D’ailleurs, si je compile le nombre de fois que j’ai habité dans différentes résidences, je crois avoir effectué jusqu’à présent dans ma vie au moins 75 déménagements.


L’école, ce n’était pas un endroit que tu favorisais.

À vrai dire, je n’aimais pas aller à l’école. J’étais un élève assez troublant qu’au primaire j’ai été expulsé pas juste de ma classe, mais de la commission scolaire Sainte-Croix. Je me suis retrouvé dans une école pour des enfants qui avaient des troubles de comportement.


Cet épisode a changé ta vie.

Sans aucun doute, car il ne faut pas oublier que je fréquentais l’école primaire à l’époque et je ne voulais pas être traité comme un paria, c’est-à-dire une personne exclue socialement et méprisée par un groupe.


Tu regrettes de ne pas avoir fait de sport d’équipe.

Je n’affectionnais pas l’école, alors j’organisais des activités à l’école. J’aimais l’équitation. Je pratiquais plusieurs sports individuels, mais mon regret, c’est de ne pas avoir fait partie d’une équipe sportive. Je crois qu’un sport d’équipe, c’est très formateur dans la vie d’une personne.


Tu as subi une blessure majeure au taekwondo.

J’aimais faire du taekwondo. J’avais 15 ans lorsque je me suis déchiré violemment des ligaments dans les cuisses. Heureusement que, malgré cette blessure de jeunesse, aujourd’hui je peux faire de la course et de la marche en montagne, des activités que j’aime beaucoup.


À l’âge de 14 ans, tu es devenu un jeune entrepreneur.

Plus jeune, à l’école primaire, j’étais un camelot avant que je décide de quitter la maison à 14 ans pour diriger ma boîte de communication et d’événementiel au sein du Salon du livre de Montréal ainsi que de celui de Québec. Parmi mes responsabilités, j’organisais des rencontres avec les auteurs.


La réalité des affaires t’a frappé de plein fouet : une faillite personnelle.

À peine âgé de 16 ans, je n’avais pas encore terminé mon secondaire ; cependant, j’ai appris de cette faillite personnelle de toujours avoir une stabilité financière devant moi.


Tu es redevenu « le coloc » de ton père.

Je suis retourné vivre à la maison avec mon père. Nous avons vécu tellement de beaux moments en partageant nos différentes idéologies de la vie. Ce que je retiens le plus de nos conversations : défendre mes convictions.


Comment as-tu remboursé tes créanciers ?

Mon grand-père m’a engagé pour travailler sur ses terres, et j’ai travaillé dans une pharmacie pendant trois ans. Ces emplois m’ont permis de les rembourser ainsi que de compléter mon secondaire et mon cégep en accéléré.


Entre 18 et 30 ans, tu n’avais pas de permis de conduire.

Non, je ne conduisais pas de voiture. J’ai été correspondant à Washington pendant de nombreuses années sans avoir de voiture pour mes déplacements.


Pierre Nadeau et Normand Lester ont influencé ta carrière.

La première fois que je les ai rencontrés individuellement, ils ne se sont pas moqués de moi. Au contraire, même si je n’avais que 16 ans, mon héros d’enfance, Pierre Nadeau, et Normand Lester ont cru en moi et respecté mes ambitions de devenir un correspondant international aux nouvelles.


J’aimerais bien discuter de ta carrière, mais ce n’est pas le but de notre rencontre.

Cependant, j’aimerais souligner l’appui de Radio-Canada, qui m’a ouvert ses portes à l’âge de 13 ans pour devenir l’un des chroniqueurs de l’émission Téléjeans, qui s’adressait aux jeunes. Quelques années plus tard, les dirigeants ont créé un poste spécifiquement pour moi à la couverture de la visite du pape à Montréal, en 1984.


Tes idoles Ted Koppel et Peter Jennings t’ont intimidé.

Mon père et moi écoutions Ted Koppel, le présentateur de Nightline à ABC, qui a été lancée en mars 1980, tandis que Peter Jennings, natif du Canada, a été le seul présentateur d’ABC World News Tonight de 1983 jusqu’à sa mort d’un cancer du poumon en 2005. Ce sont les seules personnes qui m’ont intimidé. Pourtant, j’ai rencontré de nombreuses personnalités.

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