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Un tremplin pour les lutteurs canadiens

Un tremplin pour les lutteurs canadiens
PHOTO LAURENT CORBEIL / AGENCE QMI

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«Si j’étais lutteur, aujourd’hui, je ferais n’importe quoi pour entrer dans un concours comme Lutte Académie» : on pourrait reprocher à l’incomparable Jacques Rougeau de prêcher pour sa paroisse, mais le concours qui a pris fin dimanche au Club Soda servira de tremplin pour plusieurs talents locaux dans le monde exclusif de la lutte professionnelle.

Lutte Académie a mis en vedette 42 candidats canadiens dans une série de galas à élimination au cours des dernières semaines, dans l’optique de dénicher les quatre plus grands talents cachés du pays.

À l’enjeu : une bourse de 5000$ pour chaque gagnant, certes, mais surtout un séjour gratuit de 12 semaines dans l’une des écoles de lutte les plus réputées aux États-Unis, The Nightmare Factory.

Qui plus est, deux finalistes déchus auront la chance de s’illustrer aux côtés des quatre élus dans deux galas de l’All Elite Wrestling (AEW) à Toronto, les 12 et 13 octobre prochain, devant une foule d’une dizaine de milliers de spectateurs.

«C’est une plateforme pour un Canadien pour qu’il puisse aller aux États-Unis et réussir, a noté Rougeau, qui est pratiquement né sur un ring. J’ai des concurrents de Halifax, de Vancouver, de Winnipeg, d’Edmonton. C’est la première fois [dans l’histoire de la lutte] que tout le Canada travaille ensemble.»

À l’aube de la grande finale de ce projet dans lequel il estime avoir investi «1500 heures» avec sa conjointe, Nathalie Thibaudeau, Rougeau a d'ailleurs souligné que le produit offert aux spectateurs dans le cadre de la Lutte Académie est adapté aux groupes de tous âges.

«Tu ne verras pas de coup de chaise, de coup de table, de doigts d'honneur, de femmes à moitié habillées. C'est vraiment basé sur la haute voltige, l'acrobatie, l'humour, le charisme. C'est accessible aux enfants de quatre ans et plus.»

Un coup de main de QT Marshall

Même s’il ne le connaissait pas personnellement, le lutteur de l’AEW et directeur de The Nightmare Factory, Michael «QT Marshall» Cuellari, n’a pas hésité à offrir son soutien à Rougeau et son projet.

Au-delà du talent, l’athlète de 37 ans est surtout à la recherche de «bonnes personnes» qui ont envie d’apprendre pour se développer au sein de son académie.

«L’industrie n’est plus comme elle était, a-t-il lancé au bout du fil. Nous voulons trouver les meilleures personnes et les transformer mentalement et physiquement en 12 semaines pour leur permettre d’atteindre un niveau professionnel et d’y rester.»

L’école basée dans la région d’Atlanta, en Géorgie, est donc intimement liée à l’AEW, mais aussi au World Wrestling Entertainment, puisqu’elle est co-dirigée par le populaire Cody Rhodes. Cela ne veut pas dire pour autant qu’un séjour à la Factory garantit une place sur la scène mondiale.

«La dernière chose qu’on veut faire, c’est de regretter d’ouvrir une porte pour quelqu’un, a-t-il conclu. Je ne suis pas responsable du recrutement [dans l’AEW]. Ça prend un individu très spécial pour que je fasse ça.»

Aux gagnants de Lutte Académie de lui prouver qu’ils ont ce qu’il faut.

De la haute voltige au Club Soda

Devant une foule endiablée de 400 personnes, quatre lutteurs ont été couronnés au terme de la finale de Lutte Académie, dimanche au Club Soda.

L’emblématique salle de spectacle de la rue Saint-Laurent s’est transformée en amphithéâtre de lutte, le temps d’un soir, pour accueillir les acrobaties et simagrées des meilleurs lutteurs amateurs au pays. Les athlètes ayant le plus impressionné le juge invité QT Marshall recevaient une invitation à la prestigieuse école de lutte américaine The Nightmare Factory.

Le premier duel de la finale mettait en opposition l’Ontarienne Cici Galavis à la Québécoise Jessika Black. Cette dernière a d’ailleurs fait l’objet d’un reportage du «Journal», en juin dernier, puisqu’elle mène une double vie avec sa profession d’enseignante au secondaire.

Même si Galavis a pris l’ascendant sur sa rivale en multipliant les coups bas, c’est Black qui a obtenu le premier billet gagnant de la soirée.

«Cici, dans la vie, tu devras apprendre que tricher ne te permettra pas de prendre une longueur d’avance», a lancé QT Marshall, lutteur professionnel dans l’All Elite Wrestling, avant d’annoncer sa décision par visioconférence, sur un écran géant.

Les dames ont ensuite laissé leur place au trio autant divertissant qu’hétéroclite de Mathis Myre, Jeremy Prophet et KL Shock.

C’est finalement le Montréalais Prophet qui a eu raison de ses adversaires ontariens à l’aide d’une manœuvre spectaculaire de la troisième corde. Ses qualités athlétiques et son charisme ont convaincu QT Marshall de lui faire une place à The Nightmare Factory.

Finalement, un match par équipe à saveur ontarienne opposant Matt Black et Jessie V à «Moondog» Dylan Davis et Dale Kilburn a donné lieu à certains des moments les plus cocasses de la soirée. Black et Davis sont parvenus à charmer le juge, lui qui a peiné à rendre son verdict tant il avait été soufflé par la performance des quatre lutteurs.

Le fondateur de Lutte Académie, Jacques Rougeau, a confirmé la tenue d’une deuxième édition en 2023 en guise de conclusion du gala, exprimant du même coup son souhait que le projet soit télévisé.

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