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Vers un nouvel échiquier politique?

GEN - AUTOBUS JAUNES ROBERT PAQUET ET FILS ƒCOLIERS
Photo Martin Alarie

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Face à l’avance faramineuse de François Legault dans les intentions de vote, il serait tentant de minimiser l’importance de cette campagne électorale. La victoire de la CAQ ne semble-t-elle pas assurée ?

On ne dira jamais assez à quel point une telle conclusion est erronée.

Combien de politiciens sont allés aux urnes convaincus d’une majorité écrasante pour se voir chassés du pouvoir ou réduits à une minorité ? Pensez à Pauline Marois en 2014, à Justin Trudeau en 2015 ou, à l’inverse, à la vague orange au Québec en 2011.

La liste des revirements politiques aux urnes est aussi longue que l’histoire politique.

Surtout, l’enjeu de cette campagne dépasse largement qui occupera le rôle de prochain premier ministre du Québec. Le réalignement possible des forces d’opposition est tout aussi important, sinon plus.

Domination fragile

Certes, la CAQ domine le paysage politique. Premier chez les hommes, les femmes, les 35 ans ou plus, les francophones. Pourtant, le sondage Léger publié hier le confirme, 58 % des électeurs préfèrent une autre option politique. Le problème, c’est que cette alternative est morcelée.

La course au meilleur 2e sera donc tout aussi importante. Ce n’est pas pour rien que Gabriel Nadeau-Dubois joue au chef de l’opposition officielle depuis près d’un an. Cette couronne du premier ministre en attente est celle que convoitent objectivement tous les partis d’opposition.

L’enjeu des 36 prochains jours sera donc de voir si l’un d’entre eux est capable de canaliser le vote anti-Legault. Et c’est là une question essentielle pour la santé de notre démocratie.

Sans opposition forte, l’arrogance finit toujours par gagner un gouvernement, surtout lors d’un second mandat.

Seule une opposition forte peut formuler une alternative claire, cohérente et susceptible de rallier une masse critique de l’électorat. Elle devient alors une contrainte essentielle aux excès du pouvoir. Surtout, sans cette alternative disciplinée, la crédibilité du jeu démocratique cède le pas aux extrêmes, à ses excès, à ses délires et au cynisme qui s’ensuit.

Avenir

La beauté des campagnes électorales, c’est qu’elles ont aussi le don de « faire bouger les choses ».

Le Parti libéral réussira-t-il à protéger sa forteresse montréalaise et ses quelques bastions à l’extérieur ?

Gabriel Nadeau-Dubois réussira-t-il à donner la chape de crédibilité économique qui manque à Québec solidaire en ces temps d’incertitude et de vie chère ?

Le Parti Québécois peut-il profiter de la force incontestée de la CAQ pour ramener au bercail une part de ses électeurs et ainsi assurer sa survie pour un autre cycle électoral ?

Le Parti conservateur peut-il transcender la colère de ses débuts pour donner écho à sa vision d’une droite québécoise assumée et sérieuse ?

La réponse à chacune de ces questions déterminera notre avenir politique. C’est le traditionnel axe fédéraliste-souverainiste des vieux partis qui pèse dans la balance. Le potentiel pour un rééquilibrage sur l’axe gauche-droite comme le Québec n’en a jamais vu auparavant.

Morale de l’histoire : ça vaut la peine de s’intéresser à la campagne. Ce sera essentiel d’aller voter.

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