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Le degré zéro de la cohérence politique

Le degré zéro de la cohérence politique
PHOTO ANNABELLE BLAIS

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Il y a un paradoxe massif au cœur de cette élection.

Le PQ est le parti qui joue le plus gros, malgré un jeune chef remarquable et une belle équipe de candidats.

Pourquoi est-il en difficulté?

  • Écoutez l'édito de Joseph Facal à l'émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 9 h 48 via QUB radio :

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Il n’y a pas une cause unique, mais il y a une cause principale.

Cette cause principale est que le PQ n’existe pas, contrairement aux autres partis, pour exercer un pouvoir provincial.

Il existe pour nous amener à l’indépendance.

Or, ce projet a été rejeté deux fois, nonobstant les tricheries survenues.

Cela fait de notre peuple un cas unique dans l’histoire de l’humanité.

Le PQ est donc vu par beaucoup comme l’artisan d’un immense rendez-vous raté avec l’histoire.

Beaucoup de francophones lui tournent le dos parce qu’ils s’en veulent de ne pas avoir été à la hauteur.

Il y a de la honte dans ce dépit. 

Quant aux jeunes, ils ont grandi dans des familles dont les parents sont, comme disait Robert Charlebois, des «indépendantristes». 

Leur défaitisme s’est avéré une maladie contagieuse. 

J’en viens au paradoxe massif dont je parlais plus haut.

Qu’est-ce que l’indépendance, concrètement? Ce serait de faire en sorte que seuls les élus du peuple québécois et le gouvernement du Québec votent toutes nos lois, collectent tous nos impôts, signent tous nos traités.

Au mois de juin, 32 % des Québécois se disaient pour l’indépendance, alors qu’ils étaient 53 % à se dire contre et 15 % se disaient indécis. 

Or, comme le montrait un sondage Léger réalisé à la mi-août pour le compte de l’IRAI (https://irai.quebec/publications/note-no-6/), les Québécois sont très majoritairement en faveur de confier TOUS les pouvoirs au seul gouvernement du Québec dans une foule de domaines.

Langue française (73 %), immigration (60 %), culture (77 %), radio et télécommunications (66 %), laïcité (62 %), santé (68 %), éducation (72 %), fiscalité (61 %), politique monétaire (61 %), réglementation des banques (60 %), commerce international (60 %), transport international (55 %), assurance-emploi (63 %), environnement (67 %), relations avec les peuples autochtones (62 %), droit criminel (60 %), et j’en passe. 

Autrement dit, les Québécois disent majoritairement rejeter la souveraineté, mais sont majoritairement favorables à tout son contenu, à tout ce qu’elle implique concrètement... à la pièce.

Qu’une personne qui est contre la souveraineté, qui veut que le gouvernement fédéral reste présent dans nos vies, s’oppose à l’exclusivité des pouvoirs pour le Québec est parfaitement cohérent.

Mais ces chiffres montrent que des tas de Québécois qui se disent contre la souveraineté... veulent ce que seule la souveraineté peut permettre!

Ils sont indépendantistes sans le savoir ou sans le vouloir. Ils sont tannés de manger à la maison, mais ne veulent pas aller au restaurant. Ils veulent une auto neuve, mais ne veulent pas aller chez un concessionnaire.

Paralysés

Quand vous savez ce que vous voulez, mais que vous ne faites pas la seule chose susceptible de vous le donner, vous êtes paralysé par la peur ou vous êtes très très mélangé. Les deux vont souvent ensemble.

Il n’y a pas d’autre conclusion possible. 

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