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Anglade: le baume après les malaises

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Photo Nicolas Lachance La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, lors d’un point de presse, hier.

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Le Carrefour de l’Estrie aura agi comme un baume pour la campagne de Dominique Anglade, hier en après-midi.

Certes, pour un politicien québécois, il est rare qu’un bain de foule tourne à la catastrophe. Malgré la montée de l’agressivité et le sentiment croissant d’insécurité des élus, la plupart des Québécois restent polis, voire avenants, lorsqu’un candidat leur tend la main. Surtout dans les centres commerciaux où – si vous me permettez l’hypothèse boboche – les plaisirs de la consommation adoucissent les mœurs.

La cheffe libérale a donc eu droit à un accueil sympathique. «Venez me voir», lance un homme âgé, qui prend un café A&W avec trois potes. Manifestement ravi, il se lève, fait la bise à «Madame Anglade». L’un des convives badine : «Ça fait 22 ans qu’il n’avait pas embrassé sa femme!»

Plus tôt, Maha Hosni, jeune Québécoise d’origine marocaine qui vient d’obtenir sa citoyenneté, avait accouru pour s’adresser à Dominique Anglade. Non seulement comptait-elle voter pour elle, mais elle accepta même, avec enthousiasme, de s’engager auprès du candidat rouge dans Sherbrooke, François Vaes.

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Désistement

Un reporter présent ironise : Mme Hosni pourrait même devenir candidate, puisqu’une quinzaine de beaux sièges rouges sont encore orphelins.

Un autre désistement avait en effet assombri le début de journée d’Anglade : Ratiba Fares, sacrée candidate libérale dans Mégantic vendredi, venait de lancer la serviette. Raison : nouvel emploi, comme François Beaulé dans Vanier-les-Rivières lundi! Et dans Richmond, une candidate fortement pressentie aura finalement rejeté l’offre du PLQ.

La pénurie de main-d’œuvre nuit à l’économie québécoise, martèle Anglade. Mais affecte aussi la campagne libérale! Ses candidats les plus hésitants semblent avoir un prétexte en or pour quitter le rafiot libéral : un nouvel emploi!

Dans l’aréna (sans glace) de Saint-Agapit, devant des filets, la cheffe libérale fait son annonce du jour : jusqu’à 5000 $ pour les projets pédagogiques particuliers.

Mais les questions portent surtout sur les tuiles. Le dernier désistement. Mais aussi les déclarations du candidat rouge dans Côte-du-Sud, Sylvain Lemieux, qu’Anglade avait rencontré la veille, à Montmagny. Une poignée seulement de militants s’étaient présentés.

Lemieux appuie l’idée conservatrice d’un pont sur l’île d’Orléans et s’oppose au tramway de Québec. Totalement en contradiction avec les positions libérales. Anglade dut répéter : «Il faut des études avant de déclarer comment on compte voir un 3e lien.»

Malgré tout, Lemieux restera sous bannière rouge. Comme André A. Morin (L’Acadie) et Charles Robert (Jean-Lesage), qui ont aussi contredit des positions officielles libérales, sur la langue dans ces deux derniers cas. La pénurie de candidats contraint évidemment la cheffe à tolérer les dissidences! «Ce n’est certainement pas moi qui vais museler des candidats», a-t-elle dit en serrant les dents.

La caravane reprit la route ensuite. Soudain, une forte odeur de roussi envahit le bus des médias. Arrêt sur l’accotement, près de Manseau. Illustration parfaite d’une campagne difficile. L’odeur quitta le bus. Et on repartit.

Une fois au Carrefour de l’Estrie, tout semblait oublié...

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