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Des émeutes dans les rues si Trump est accusé

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Photo d'archives, AFP L’ancien président américain Donald Trump.

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À court d’arguments pour défendre Donald Trump dans l’affaire des documents secrets de Mar-a-Lago, des républicains brandissent la menace de la violence.

Chaque jour, les perspectives positives de l’ex-président dans cette affaire s’assombrissent. Ses arguments de défense – conçus davantage pour enflammer ses partisans que pour convaincre un tribunal – s’avèrent aussi pitoyables que contradictoires. La réaction de ses alliés républicains en dit long sur ce qu’est devenu ce parti et sur les risques que cette affaire représente pour son avenir.

Indéfendable

Ces documents, entreposés dans un club où les agents étrangers entrent comme dans un moulin, étaient hautement confidentiels. Mais pourquoi Donald Trump a-t-il insisté pour se les approprier? Mystère. Peu importe qu’il ait volé ces documents par pure vanité ou pour les vendre au plus offrant, leur possession est un crime.

De plus, Trump a eu de multiples occasions de remettre ces documents, et il ne l’a pas fait. 

Les excuses qu’il débite depuis la saisie du 8 août sont aussi invraisemblables que contradictoires.

À court d’arguments, les républicains en sont réduits à pointer du doigt les démocrates pour des événements qui ne vont pas à la cheville de cette affaire avec Trump, ou, comme l’a fait le sénateur Lindsey Graham, ils vont jusqu’à brandir la menace d’émeutes violentes si la justice ose traiter Trump comme n’importe quel autre citoyen.

  • Écoutez l'édito de Luc Laliberté à l'émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 9 h 48 via QUB radio :

Le spectre de la violence

Ce n’est pas d’hier que la violence occupe une place d’honneur dans le discours politique trumpiste. Pendant sa campagne de 2016, Trump encourageait ses partisans à rosser ceux qui osaient manifester leur opposition pendant ses rallyes. La violence était aussi au cœur de l’assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021. Il n’est donc pas difficile de croire qu’un ou plusieurs des groupes armés qui vouent un culte à Donald Trump puissent passer aux actes si ce dernier est accusé au criminel, mais il ne faut pas non plus surestimer l’ampleur de cette menace.

Au lendemain de la saisie de Mar-a-Lago, les partisans venus manifester leur soutien sur les lieux étaient moins nombreux que les reporters. À l’inverse, les manifestants contre Trump au lendemain de son inauguration se comptaient par millions.

Les républicains piégés

C’est entre autres cette menace de violence de la part des partisans extrémistes du culte de Trump qui a inspiré la réplique cinglante du président Biden, qui qualifiait la semaine dernière la philosophie des «républicains MAGA» de semi-fasciste.

Alors que plusieurs candidats au Sénat appuyés par Trump semblent se diriger vers des défaites qui priveront leur parti du contrôle du Congrès, les républicains qui souhaiteraient tourner la page sont piégés par le culte de Trump. 

Ils savent que l’ex-président n’hésitera pas à saborder les chances du parti en mobilisant ses partisans contre ceux qui ne lui démontrent pas une loyauté indéfectible. Les tribulations judiciaires de Trump et la dérive aux extrêmes de ses partisans risquent d’avoir deux effets en apparence contradictoires : les chances de nomination de Trump pour 2024 et son emprise sur son parti vont probablement se consolider, mais ce pourrait être au prix de lourdes pertes parmi les électeurs centristes.

Les républicains ont voulu Donald Trump. Ils sont pris avec plus que jamais.

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