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Diviser pour mieux régner: notre échec collectif

Lorsque j’entends Marwah Rizqy nous dire qu’elle a songé à se retirer de la vie politique pour se protéger, elle qui est une femme forte qui n’a pas froid aux yeux, je me dis que c’est encore plus grave que l’on croyait, que c’est encore plus puissant que ce que l’on soupçonnait et que notre démocratie est en péril.
PHOTO NICOLAS SAILLANT Lorsque j’entends Marwah Rizqy nous dire qu’elle a songé à se retirer de la vie politique pour se protéger, elle qui est une femme forte qui n’a pas froid aux yeux, je me dis que c’est encore plus grave que l’on croyait, que c’est encore plus puissant que ce que l’on soupçonnait et que notre démocratie est en péril.

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L’ambiance est délétère. Le climat social est toxique. On assiste à une surenchère de qui sera le plus incisif, celui qui donnera le plus grand jab à son adversaire. Les réseaux sociaux sont devenus un déversoir de haine et d’insultes. Toutes celles et ceux qui prennent la parole doivent s’attendre à être attaqués, insultés et, depuis quelque temps, menacés.

Évidemment, la classe politique n’y échappe pas. Chrystia Freeland, Alain Rayes, Enrico Ciccone et Marwah Rizqy y ont goûté dans les derniers jours, mais je suis certaine que plusieurs autres ont plutôt choisi de taire les insanités qu’ils reçoivent soit parce qu’ils ne veulent pas se présenter en victimes, soit parce qu’ils ne veulent pas inspirer d’autres esprits dérangés.

Mais sommes-nous réellement surpris d’en être rendus là? Depuis plusieurs mois, nous constatons une polarisation du discours politique. Disons-le franchement, la division et la polarisation contribuent à frayer un chemin à certains politiciens que nous aurions rejetés autrefois. Ils misent sur nos peurs et attisent la crainte de l’autre. Ils disent, à demi-mot, à certaines personnes autrefois isolées dans leur sous-sol que leur rage est justifiée, qu’elle mérite d’être entendue, qu’elle représente la voix de la majorité, alors qu’il n’en est rien.

Cette minorité très bruyante est donc celle que l’on entend, celle qui se permet de harceler, d’insulter et dorénavant de menacer les personnalités publiques, notamment les politiciens. Lorsque j’entends Marwah Rizqy nous dire qu’elle a songé à se retirer de la vie politique pour se protéger, elle qui est une femme forte qui n’a pas froid aux yeux, je me dis que c’est encore plus grave que l’on croyait, que c’est encore plus puissant que ce que l’on soupçonnait et que notre démocratie est en péril.

Les chefs de parti ont beau dénoncer ces gestes dans leurs discours, je les invite plutôt à faire un sérieux examen de conscience. À l’heure où les Québécois sont tout ouïe, qu’ils élèvent le débat, une fois pour toutes.

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